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Colloque « L’intime et le collectif dans la chanson des XXe et XXIe siècles », 21-23 mai 2014

MERCREDI 21 MAI

Mercredi matin, Maison de la Recherche, espace multimédia, Site Schuman :
Prolégomènes

 9h 15 : Accueil et mot du directeur du CIELAM, présentation du colloque

1) 9h 45 : Joëlle Deniot, Université de Nantes
Je suis seule, ce soir... un sujet qui se chante

2) 10h 15 : Stéphane Hirschi, Université de Valenciennes
… D'une écoute tripale à une écoute distanciée

10h 45 : pause

3) 11h 00 : Stéphane Chaudier, Université de Saint-Étienne
La chanson d’amour, l’émotion, l’idée : éléments de dramaturgie métaphysique

4) 11h 30 : Brigitte Buffard-Moret, Université d'Artois
Radio révélatrice...

Mercredi après-midi, Fondation Vasarely

Module 1 : Chanson du temps intime

5) 14h 00 : Anne Strasser, Université de Lorraine
Zazie et l'invention de soi : « Si j'étais moi »

6) 14h 30 : René Corona, Université de Messine (Italie)
La nostalgie est bien ce qu'elle était, une chanson...

7) 15h 00 : Audrey Coudevylle-Vue, Université de Valenciennes
Fréhel : de la porte-parole d'un groupe à un effet d'intime

8) 15h 50 : Cécile Prévost Thomas, Université Paris III
Rapports intimes à la mort et rituels collectifs de deuil autour de la chanson

 9) 16h 20 : Marie-Claude Tremblay, Université de Sherbrooke, Québec, Canada
Musique, alcool et rapprochements dans l’œuvre de l’ACI québécois Bernard Adamus
 

Module 2 : Chanson et énonciation

10) 17h 00 : Martine Groccia, Université Lyon II
Lecture sémiotique des enjeux de l’énonciation en chanson ou l’intime comme effet de la praxis énonciative

11) 17h 30 : Joël July, Université d'Aix-Marseille
Les duos et ce(ux) qu'ils représentent...

12) 18h : Sarra Khaled, Université de Valenciennes / Université de La Manouba (Tunisie)
L'intimisme de Charles Aznavour dans ses duos

18h 30 : buffet dînatoire

20h 00, Fondation Vasarely
Spectacle « Barbara l'âge tendre » par la compagnie genevoise, A pas de loup

 

JEUDI 22 MAI

Jeudi matin, L'ARCADE, Logis du Bras d'or, Maison Darius Milhaud

Module 3 : Performances musicale et vocale

13) 8h 30 : Bérangère Durand, Université de Paris IV
« Love you like a love song » : la nécessaire tautologie de l'absolu amoureux

14) 9h 00 :  Damien Dauge, Université de Rouen
Sur les marches du chant : démarches harmoniques de quelques tubes

15) 9h 30 : Fabien Rouan, Université Rennes II
Entre chanson et variété : du rapport texte/musique à la relation auditeur/œuvre
 

Jeudi après-midi, L'ARCADE, Logis du Bras d'or, Maison Darius Milhaud

Module 4 : Performances scéniques

16) 10h 45 : Sandra P. Bouliane, Université Mc Gill (Canada)
Chanson et intimité polymorphe : lieux et pratiques d'écoute dans les années 20

17) 11h 15 : Julie Mansion Vaquié, Université de Bordeaux / Université Paris IV
Création et re-création de l'intime chez Bashung

18) 11h 45 : Noémi Doyon, Université de Sherbrooke, Québec (Canada)
Présence du charnel dans la jeune chanson québécoise
 

Module 5 : Georges Brassens

19) 13h 30 : Jean-Marc Quaranta, Université d'Aix-Marseille
Genèse de l’intime et du collectif dans quelques brouillons de Georges Brassens : l’art difficile et heureux de se mettre en chanson

20) 14h 00 : Milena Connena, Université de Bari (Italie)
L'art collectif de traduire les chansons de Brassens

21) 14h 30 : Perle Abbrugiati,  Université d'Aix-Marseille
Sur les chansons de Brassens en Italie
 

Module 6 : La chanson à l'étranger

22) 15h 30 : Jean-Pierre Zubiate, Université de Toulouse-Le-Mirail
Angelo Branduardi et la mise en spectacle des sources franciscaines

23) 16h 00 : Kalliopi Stiga, Université Lyon II / Université d'Athènes
L'intime et le collectif dans la « musique pour les masses » de Mikis Theodorakis

24) 16h 30 : Marc Villetelle, Université de Toulouse-Le-Mirail
L'intimité dans la chanson cubaine à l'épreuve de l'expérience révolutionnaire

25) 17h 30 : Yves Laberge, Université de Laval / Université d'Ottawa (Canada)
Comment et pourquoi analyser la pluralité des interprétations d'une œuvre ?

26) 18h 00 : Céline Pruvost, Université Paris IV
Évolution de la représentation de l'intime dans les chansons d'amour au regard des évolutions de la société italienne

 

VENDREDI 23 MAI

Vendredi matin, L'ARCADE, Logis du Bras d'or, Maison Darius Milhaud

Module 7 : Rap

27) 9h : Giovanni Privitera,  Université d'Aix-Marseille
L'introspection collective dans le rap des Chiens de paille

28) 9h 30 : Bettina Ghio, Université Paris III
Voix épiques et voix lyriques dans le rap français

29) 10h 30 : Fernand Hörner, Université de Düsseldorf
Le hip hop – mise en scène de l’intimité d‘une culture orale

30) 11h : Jean-Marie Jacono, Université d'Aix-Marseille
IAM…

Vendredi après-midi, L'ARCADE, Logis du Bras d'or, Maison Darius Milhaud

Module 8 : Chanson et intermédialité

31) 13h 30 : Cécile Auzolle, Université de Poitiers
De la scène dramatique à la scène lyrique

32) 14h : Marie Cadalanu, Université de Caen
Entre phénomène collectif et réception individuelle dans les premiers films sonores

33) 14h 30 : Mat Pirès, Université de Franche-Comté
La chanson comique et les personnages du music-hall
 

15h 15 : Projection du film Jeanne et le garçon formidable d'Olivier Ducastel
 

34) 17h 00 : Renaud Lagabrielle, Université de Vienne (Autriche)
Les chansons comme voies/voix d´expression des tensions entre l´intime et le collectif dans le film en chanté Jeanne et le garçon formidable (1998).
 

17h 30 : Synthèse du colloque
Ursula Moser, Université d'Innsbuck (Autriche)
Philippe Jousset, Université d'Aix-Marseille

 

Ce colloque international organisé par le CIELAM (Centre interdisciplinaire d'étude des littératures d'Aix-Marseille), en collaboration avec le LESA (Laboratoire d'études en Science des Arts) et le CAER, trouve des partenariats avec la Mission Culture de l’université d’Aix –Marseille, l’université d’Innsbruck, l’Université Paris III Sorbonne Nouvelle, le Rectorat d’Aix-Marseille, la DAAC d'Aix-Marseille, la Fondation Vasarely, L'Arcade et le Hall de la chanson, affilié au Ministère de la Culture et de l’Enseignement.

Il propose sous une problématique intermédiale et polyvalente (lettres et langue, musicologie, histoire et patrimoine culturel, arts du spectacle et arts vivants) une analyse du domaine de la chanson moderne sous l’angle de la création et de la réception par le biais de la dialectique entre une perception intime et/ou collective des objets chansonniers.

Le colloque s’articule sur une journée de formation à l’intention des professeurs du Second degré qui se déroulera en mars 2014, organisée par la DAAC et le Rectorat d’Aix-Marseille. Cette participation que l’on souhaiterait la plus active et mobilisée possible de la part de professeurs de Lettres, de Musique et d’Histoire vise à dégager l’intérêt particulier que pourrait avoir ce colloque sur une didactique de la chanson et entraîner des retombées pratiques dont bénéficieraient à la fois l’objet –chanson dans les classes de collège et de lycée et les élèves par une fréquentation intelligente de cet objet culturel.

Le colloque trouvera trois lieux d’accueil à Aix-en-Provence : la Fondation Vasarely au Jas-de-Bouffan, L’Arcade (Maison Darius Milhaud) dans le centre-ville d’Aix et la Maison de la recherche de l’Université d’Aix-Marseille, site Schuman.

Il sera proposé à l’issue de la première journée du colloque le spectacle créé au Festival d’Avignon en juillet 2013 par la compagnie genevoise Appât de Loup intitulé Barbara, l’Âge tendre.

Comité scientifique

  • M. Bernard Alazet, Maître de conférences en littérature à Paris III Sorbonne Nouvelle ;
  • M. Bruno Blanckeman, Professeur en littérature contemporaine à Paris III Sorbonne Nouvelle, président du jury du CAPES externe de Lettres modernes ;
  • Mme Brigitte Buffard-Moret, Professeur à l’Université d’Artois (Arras) ;
  • M. Louis-Jean Calvet, Professeur émérite à l’Université d’Aix-Marseille ;
  • M. Stéphane Hirschi, Professeur à l’Université de Valenciennes ;
  • M. Fernand Hörner, Professeur à l'Université des sciences appliquées de Düsseldorf (Allemagne) ;
  • M. Serge Hureau, Directeur du Hall de la chanson ;
  • Mme Ursula Moser, professeure à l’Université d’Innsbruck (Autriche) ;
  • Mme Andrea Oberhueber, Professeure titulaire à l’Université de Montréal (Canada) ;
  • Mme Cécile Prévost Thomas, Maître de conférences en sociologie à Paris III Sorbonne Nouvelle.

Comité d’organisation

  • Jean-Marie Jacono, Maître de conférences en Musicologie à l’Université d’Aix-Marseille, LESA ;
  • Philippe Jousset, Professeur de Stylistique à l’Université d’Aix-Marseille, CIELAM ;
  • Joël July, PRAG en Stylistique à l’Université d’Aix-Marseille, CIELAM.
     

​Présentation

Depuis une trentaine d’années un regard neuf se porte sur la chanson pour que l’étude des textes repose moins sur leurs qualités intrinsèques que sur leur faculté à rentrer en harmonie, en émulsion, avec la musique qu’on a prévue pour eux mais surtout avec la voix et la gestuelle d’un interprète particulier, qui se les approprie (et souvent les écrit lui-même). L’analyse de la chanson, telle qu’elle se pratique (de l’audition d’un CD à un spectacle vivant), ne repose plus seulement sur de vaines comparaisons poétiques (en témoignent la plupart des articles du n° 601 de la revue NRF « Littérature et chanson », juin 2012) mais intègre des questionnements qui relèvent de la musicologie comme de la kinésique. Objet polysémiotique, une chanson suscite des vocations variées, plus ou moins conjointes, dont la priorité n’est plus aussi clairement définie qu’autrefois. Et si la qualité d’Auteur Compositeur Interprète (de Brassens à Bénabar en passant par Barbara et Cabrel) règle la difficulté, elle n’épuise pas tout à fait cette interrogation : qu’est-ce qui compte dans une chanson ?

Car par ailleurs depuis les observations dans les années 80 de Louis-Jean Calvet sur son importance sociale en tant qu’œuvre intergénérique, la chanson intéresse comme objet culturel : les historiens, les psychologues, les philosophes... Et la bibliographie jointe donnera une idée des multiples approches qu’elle stimule : réflexion sur le temps, vertus de la performance corporelle, prégnance des vers d’oreille, reflet de l’histoire des mentalités, etc. C’est donc sur ce genre polymorphe que nous proposons d’envisager le questionnement : comment une chanson crée-t-elle paradoxalement l’illusion de l’intime et de l’intimité ?

Même si nous le pouvions ou voulions, nous ne parviendrions pas à énumérer tous les arguments, toutes les circonstances qui font de la chanson, de sa création à sa réception, un phénomène, une expérience, un art collectif. Pour en réduire la collégialité, il faudrait au moins ne l’envisager que dans un mode de composition ACI (Auteur-Compositeur-Interprète) piano-voix et un mode de réception très particulier bien que très courant : avec casque ou oreillettes. Sortie de ces deux conditions (ou conditionnements), la chanson est collective pour 1) l’intermédialité qu’elle intègre et dont les étapes de la création et de la fabrication sont mises en partage la plupart du temps (et presque nécessairement) et pour 2) la forme la plus accomplie (et la moins figée) de sa performance, son expression sur scène devant un auditoire qui la partage. D’un côté un ensemble d’artistes et de techniciens (artisans) qui se la partage par petits bouts (même si poiétiquement chacune de leur contribution forme un tout organique et même si l’interprète sera amené par convention à davantage en assumer la responsabilité) ; de l’autre une assemblée (hétéroclite ?) d’individus qui la partage (dans le tout organique auquel elle a provisoirement abouti).

Mais plus fondamentalement, la chanson est collective :

  • Parce qu’elle est fondée sur un rythme qui repose et incite à la participation communautaire (la scansion servant par exemple dans les chansons de métier à encourager au travail ou par ailleurs à danser en couple, en ligne, etc.),
  • Parce qu’elle opte pour des styles musicaux qui sont souvent communautaires voire communautaristes (et particulièrement dans les mouvements rock ou la culture hip-hop),
  • Parce qu’elle est un genre historique, qui appartient au patrimoine et que, plus que jamais, on assiste à une forte patrimonialisation du répertoire,
  • Parce que la mode actuelle est aux groupes, aux reprises en duo, aux regroupements choraux, aux featurings (invitation d’une autre vedette pour une chanson sur un album ou lors des concerts). Et c’est sans doute une mode dont il faudrait interroger l’historicité et la motivation.

Or, en face de cet argumentaire, paradoxalement, nous avons l’impression (l’illusion ?) que la chanson, profondément individuelle, émane (plus ou moins) exclusivement de la bouche qui la chante, pour nous seul qui l’actualisons en l’écoutant. Discours à la première personne, pour la structure énonciative la plus fréquente qu’elle emprunte à la poésie, la chanson se met à la disposition de nos affects de consommateurs et semble nous livrer, parce que les mots sont portés par la voix (et le corps) de l’artiste, les secrets de son âme, « sa vérité » dans la forme la plus authentique dont il soit capable : ces aveux, ces déclarations, qu’il ne pourrait pas dire sous le régime banal de la voix qui parle sans risquer le ridicule de l’emphase, du cliché ou de l’insincérité, le chant et les conditions particulières de son émission (accompagnement musical, arrangements, « magie » du spectacle) les lavent, les absolvent et en décuplent les effets et les vertus : celles peut-être de devenir des vers d’oreille à « l’incomparable pouvoir de hantise sur la psyché »  parce que la chanson « ne fait au fond que donner voix au pur mouvement d’un devenir-secret, sans contenu déterminé » (Szendy P., 2008, p. 73-74) ; peut-être que cette appropriation est prévisible parce que la chanson est effectivement venue nous raconter quelque chose qui nous ressemble, incomplètement, au bénéfice d’un instantané : « Pour tout moment de n’importe quelle vie, il se trouve ainsi une chanson qui existait depuis toujours et qui, tout à coup, vous révèle, comme si c’était pour la première fois, ce qui n’arrive alors que pour vous » (Forest Ph., 2012, p. 117). C’est l’illusion d’être le destinataire non marqué qui se reconnaît comme la référence, codée par le pronom de 2e personne : de Je voulais te dire que je t’attends à « Ma plus belle histoire d’amour, c’est vous ». Qu’est-ce qui rend donc, en dépit du contexte, le processus d’actualisation (accaparation, identification) si aisé ?

Cette problématique de l’intime et du collectif offre un biais fédérateur pour différentes obédiences et disciplines qui peuvent ainsi se sentir tout particulièrement concernées. Le comité scientifique et les deux laboratoires (CIELAM, CAER et LESA, réunis ainsi dans un projet commun) qui ont validé cet argumentaire souhaitaient une réponse collégiale de la communauté scientifique, lançant des appels du pied aussi bien aux littéraires de pure formation, aux linguistes et stylisticiens, aux musicologues, aux sociologues et historiens de la culture et des arts. Les propositions, reçues en grand nombre, prouvent par leur infinie variété (mais aussi leur infinie précision) que cet appel du pied a été convenablement perçu : originalité des corpus envisagés qui tout en restant sur la période imposée balayent les années 20, la chanson réaliste des années 50, la chanson à texte des années 60 et les répertoires plus contemporains jusqu’au Rap (Bashung, Alex Beaupain, Zazie, etc.) ; originalité des angles de vue, qui permettent, comme l’argumentaire le suggérait, des modules regroupant plusieurs thématiques spécifiques : vertus du mode d’énonciation dans le processus d’accaparation du texte (questionnement sur le genre et l’ethos du canteur, questionnement sur les duos), vertus de l’accompagnement musical et de la mise en voix (questionnement sur le vers d’oreille, questionnement sur les harmoniques), vertus du travail de rénovation patrimoniale auquel la chanson se trouve souvent liée (questionnement sur les reprises, questionnement sur le fonds et les fondements littéraires ou liturgiques), vertus de la performance particulière du genre chansonnier qui permet de subjuguer un auditoire ou de mobiliser une foule, des partisans, impressions de confidence et de confidentialité liées à cette intermédialité ; originalité enfin des origines (Cuba, Chili, Grèce, Québec, modèle anglo-saxon) de la chanson sur lesquelles des conférenciers de France, de régions francophones et de pays limitrophes ont souhaité faire des propositions.

Ces propositions de communication (qui ne devaient pas dépasser 4000 caractères), accompagnées d'un titre et d'une courte bio-bibliographie dans le domaine (une dizaine de lignes), ont été envoyées jusqu’à la date limite du 16 octobre 2013 pour un appel à communications lancé le 13 juillet sur le site en ligne Fabula.org et sur le site de stylistique de l’Association Internationale de Stylistique. Il a été reçu près de 40 propositions et par ailleurs 15 conférenciers avaient été sollicités en amont ou se trouvaient impliqués dans ce projet par leur adossement au CIELAM ou leur appartenance à l’AMU.

Manifestation Cielam

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