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Entre terreur et vertu. Et la fiction se fit politique…

Huguette Krief
Livre
Les dix-huitièmes siècles, n°150
Editeur: 
Honoré Champion
2010
544 p.
n° ISBN: 
978-2745320698

Au lendemain de la Terreur, l’idée apparaît avec La Harpe, Germaine de Staël et Prosper de Barante que la production littéraire de la Révolution française est incapable de survivre au mouvement historique qui l’a vu naître : la littérature de la décennie révolutionnaire périrait pour cause de politique ! C’est là sans doute son péché capital, puisque les historiens de la littérature la discréditant à tout jamais l’ont négligée au profit des oeuvres magistrales du Romantisme. Ce que l’on a accordé à Hugo et à Vigny, on l’a refusé à Louvet, à Sénac de Meilhan ou à Isabelle de Charrière. Toutefois, il y a bien quelque difficulté à comprendre pourquoi en dix années un même pays est passé de la riche production du siècle des Lumières à l’avènement de littérateurs platement enthousiastes. Présenté de la sorte, le phénomène relève du prodige ou du parti-pris, un constat qui suscite la réflexion d’Huguette Krief. Son étude montre que la littérature de cette période se construit sur une ligne de rupture entre l’Ancien Régime et la Révolution. L’oeuvre de fiction devient l’affaire d’un regard nouveau sur une actualité brûlante et exigeante. Guidés par les mêmes principes que les penseurs des Lumières, les auteurs de romans, de contes et de nouvelles interviennent dans la vie de la cité révolutionnaire et cherchent à éclairer la nation, à la guider. Quelles que soient leurs opinions politiques, ils pensent offrir l’exemple d’une pensée libre qui s’inspire de principes fidèles à la justice et à la raison. Animées par le désir de soulever les enthousiasmes ou de faire rêver au bonheur de la Nation, soutenues par un effort de synthèse ou un souci d’efficacité, leurs oeuvres manifestent le dynamisme étonnant d’une génération qui a enfin la sensation de participer à la marche de l’Histoire.

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