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Dimensions poétiques et politiques du Gilles de Rais de Roger Planchon

Michel Bertrand
Article dans les actes d'un colloque
Le Médiéval sur la scène contemporaine
Directeur(s) de l'ouvrage: 
Michèle Gally et Marie-Claude Hubert
Editeur: 
Presses universitaires de Provence, Aix-en-Provence
2014
p. 53-67
n° ISBN: 
978-2-85399-961-8

Le personnage de Gilles de Rais, parce qu’il conjoint en lui le guerrier, le grand féodal, l’assassin d’enfant et le pénitent, constitue au sens étymologique du terme le monstre par excellence. Roger Planchon « monstre » ce monstre jouant ses dernières cartes dans la partie qu’il a engagée avec les hommes, Dieu et le Diable. Fidèle à l’Histoire et à la Légende, l’action dramatique de la pièce retrace les derniers mois du criminel. L’enjeu politique de ses adversaires qui seront ses juges lors du procès réside dans la condamnation d’un être solitaire qui a bafoué les règles du jeu féodal et qui à ce titre se doit d’être exclu de manière exemplaire de ce jeu. Mais selon Planchon, les données politiques d’une époque révolue se muent en une représentation poétique quand le passé est transposé dans un vingtième siècle qui a tout oublié des us et coutumes du lointain Moyen-âge. Aussi conçoit-il un miracle qui exprime poétiquement, en recourant in fine au théâtre dans le théâtre, le politique d’une époque qui meurt en même temps que Gilles de Rais. La confrontation des versions de 1975 et de 2009 établit l’importance que revêtait la symbolique aux yeux d’un dramaturge désirant dire le politique au travers du poétique.
 

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