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Le corps aux frontières de la morale. Métaphores du bien et du mal chez Manessier et Gerbert de Montreuil, romanciers du XIIIe siècle

Sébastien Douchet
Article dans les actes d'un colloque
L’Idée de frontière dans les littératures romanes. Actes du Colloque international de Sofia, 25-27 février 2005
Directeur(s) de l'ouvrage: 
Stoyan Atanassov
Editeur: 
Sofia, Presses Universitaires de Sofia-Saint- Clément d’Ohrid
2007
p. 50-63
n° ISBN: 
978-954-07-2514-7

Résumé : La frontière est pour les médiévaux non pas une ligne abstraite, mais une zone de contacts et d’échanges : ce qui prévaut n’est pas tant sa valeur spatiale que sa valeur dialectique. La frontière est un lieu de confrontation axiologique entre deux univers aux valeurs différentes. Elle est ce qui sépare le même et l’autre, ce qui délimite, ce qui définit les identités. Cette fonction taxinomique est cruciale pour un Moyen Âge qui redoute par-dessous tout l’indistinction et le chaos. La frontière est donc aussi un point de basculement : lorsqu’elle est franchie, que les limites sont transgressées, alors apparaît le désordre. L’hypothèse de cet article est que la frontière est avant tout le lieu d’une activité sémiologique où les signes changent de valeur, voire de nature. L’étude de la Troisième Continuation et de la Quatrième Continuation montre que la rencontre du chevalier errant avec l’ailleurs n’est pas simplement conditionnée par la traversée d’une frontière géographique. La frontière qui sépare de l’autre malfaisant est plus subtilement symbolisée par d’autres éléments du récit : le récit médiéval représente et exprime la transgression des règles morales grâce à un système d’analogies entre les frontières qui délimitent le territoire du bien et du mal, les frontières de l’espace géographique et les frontières du corps nu ou vêtu.
 

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