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Séminaire « Le comparatisme à l’épreuve de Babel », année 2015-2016

Après avoir consacré leurs deux derniers séminaires à des problématiques permettant d’interroger largement les différents enjeux et espaces de leur discipline (« Positions et Transpositions : qu’est-ce que la littérature comparée aujourd’hui ? » et « Espaces de la littérature comparée »), les doctorants et jeunes chercheurs du groupe Transpositions ont souhaité continuer cette année la réflexion menée sur les enjeux actuels de la littérature comparée en se focalisant plus spécifiquement sur la question de la place des langues dans leur discipline et dans leurs travaux.

 

Calendrier et organisation des séances

Toutes les séances auront lieu en salle 2.41 de la Maison de la recherche

  • 4 novembre : Présentation du séminaire
  • 16 décembre- 15h-17h : Hybridité linguistique dans le texte littéraire
  • 13 janvier- 15h-17h : Langue, identités culturelles et résistance​
  • ​​10 février- 16h-18h : La langue: héritage, transformation et devenir
  • 9 Mars- 16h-18h : Intersémioticité, interdisciplinarité: langue(s) et langage(s)
  • 13 avril-16h-18h : Langue et traductologie
  • 11 mai- 15h-17h : Transferts culturels et réception
  • 15 juin- 15h-17h : La langue comme métadiscours

Le séminaire prend une forme un peu particulière : chaque participant est d’abord invité à préparer et présenter une brève intervention (5 à 10 minutes) mettant en lien ses problématiques de recherche avec la thématique proposée pour la séance. Cette première étape sert ensuite de base à une réflexion commune autour des enjeux liés aux différentes thématiques abordées, tant dans la perspective globale de notre discipline que dans les difficultés scientifiques et/ou méthodologiques qu’elles peuvent nous poser. Enfin, un temps en fin de séance est consacré aux éventuels problèmes méthodologiques plus ponctuels auxquels les participants pourraient être confrontés.

Présentation

Si tous les comparatistes s’accordent en général à dire qu’il est malaisé de définir la discipline, il est tout de même une spécificité de la littérature comparée qui – sans lui être exclusive – lui est inhérente depuis son apparition : le dépassement des frontières linguistiques et culturelles. Pourtant, si la confrontation de textes de langues différentes provenant d’espaces nationaux divers a sans nul doute joué un rôle fondateur dans l’apparition de la discipline au XIXe siècle, tant la fin des empires coloniaux qui ont eu pour conséquence la fin de l’hégémonie des centres traditionnels et l’affirmation des cultures dites « périphériques » que l’avènement d’une ère de la mondialisation permettant une plus vaste mobilité et circulation des œuvres, nous emmène à constater une vitalité toujours plus grande de ce qui fait dès le départ la spécialité de la littérature comparée : le multilinguisme. Comme celui-ci ne manque toutefois pas de laisser place à de nouvelles configurations, méthodes et fonctions, cette nouvelle édition du séminaire se propose donc d’interroger plus spécifiquement les différents rapports aux langues que les jeunes comparatistes peuvent développer dans le cadre de leurs recherches. Nous pourrions ainsi nous intéresser à diverses perspectives dont nous proposons quelques exemples dans les lignes qui suivent.

Depuis une trentaine d’années, la littérature comparée s’est emparée du champ des études de théorie de la traduction qu’elle a contribué à légitimer en France. À l’heure où la mobilité et la circulation des œuvres traduites se font de plus en plus grandes, ces études, dans lesquelles le rapport à la langue et à la culture (notamment autour des problématiques de transfert culturel) est primordial, semblent trouver une place toujours plus importante . « Les écrivains font la littérature nationale, et les traducteurs font la littérature universelle » disait d’ailleurs José Saramago. Cette circulation et cette mobilité toujours plus croissantes redonnent ainsi une vitalité nouvelle à un idéal de littérature universelle, que l’on retrouve dans la résurgence du concept goethéen de Weltiteratur ou dans le courant des études de « world literature » qui s’est développé ces dernières années, en particulier dans le domaine anglo-saxon.

Il serait ainsi intéressant de réfléchir également à la manière dont ces différentes approches abordent la diversité des langues dans un monde où l’anglais tend de plus en plus à s’imposer comme la langue de référence de communication. En effet, cette réalité du monde actuel de plus en plus mobile a aussi des conséquences directes dans l’écriture, où le multilinguisme apparait très fréquemment dans les œuvres contemporaines, et peut même faire l’objet d’une réflexion métalinguistique à l’intérieur du texte. Il serait ainsi possible de s’interroger sur la manière dont la littérature – art tout à fait spécifique dans la mesure où la langue est à la fois objet et outil de réflexion – peut produire une réflexion métalittéraire sur la ou les langues qui font le texte.

Il s’agira ainsi de rassembler une nouvelle fois doctorants et jeunes chercheurs comparatistes autour de ces problématiques tout en maintenant l’esprit général de partage et de soutien instauré les années précédentes. Les enjeux restent ainsi les mêmes : permettre aux jeunes chercheurs de réfléchir sur leur propre pratique de la discipline tout en la confrontant à celle des autres participants, afin de leur permettre de circonscrire de manière plus claire leur propre espace de travail et d’accentuer le champ de visibilité de leurs travaux. Le thème retenu cette année permettra également de nous inscrire directement dans la perspective du XXIème Congrès de l’Association Internationale de littérature comparée qui aura lieu du 21 au 27 juillet 2016
à l’Université de Vienne en Autriche,  et qui sera consacré aux multiples langues et langages de la littérature comparée. Le séminaire pourra ainsi permettre d’aborder la réflexion en ce sens et d’aider les doctorants et jeunes chercheurs souhaitant y participer de préparer au mieux cet évènement.

Enfin, comme toujours, le séminaire pourra accueillir des étudiants doctorants ou des jeunes chercheurs ayant soutenu leur thèse depuis moins de trois ans, principalement dans la discipline de la littérature comparée, mais provenant également d’espaces transversaux, en particulier dans les domaines des arts et des sciences humaines.

 

Contact :

Présentation du séminaire sur le carnet de recherche de l'équipe Transpositions du CIELAM d'Aix-Marseille.

Manifestation Cielam

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