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Journée d'étude « Territoires et frontières du style : Quels (nouveaux) objets ? Quelles (nouvelles) manières ? », 3 février 2017

Le vendredi 3 février aura lieu en salle des colloques 1 du Pôle multimédia de la Maison de la Recherche du site Schuman la journée d'études « Territoires et frontières du style : Quels (nouveaux) objets ? Quelles (nouvelles) manières ? ». Cette journée d'études correspond à la programmation scientifique annuelle du CIELAM, dont l'un des axes transversaux s'intitule « Stylistique et création », elle est soutenue par l'UFR ALLSH, le Pôle Lettres et Arts, l'EA 4235 (CIELAM) et l'Association Internationale de Stylistique (AIS).

Organisateurs  :

  •  Philippe Jousset, PR en langue et littérature françaises XIXe et XXe siècles, CIELAM, AMU ;
  •  Joël July, MCF en stylistique et langue française contemporaine, CIELAM, AMU ;
  •  Stéphane Chaudier, PR en littérature française contemporaine, Alithila / CIELAM, Lille 3 ;
  •  Invitée d'honneur  : Joëlle Gardes Tamine, PR à l'Université de Provence puis à Paris 4-Sorbonne.

Programme : 

  • 9h 30 : accueil des participants ;
  • 10h 00 : Juliette Lormier, agrégée de Lettres classiques, ATER à Lille 3, 6e année, soutenance le 7 décembre 2016 de la thèse « Peut-on scander le vers français ? Métrique et prosodie de la Renaissance à nos jours » sous la direction d'Yves Baudelle : « Variations duratives en poésie française : vers une “prosodie mystérieuse et méconnue” ».
  • 10h 40 : Lauriane Mouraret-Maisonneuve, agrégée de Lettres, doctorante contractuelle, 1e année de thèse à l'université de Grenoble, « L’adresse et la désignation de soi dans les tragédies du XVIIe siècle. Étude stylistique comparée des tragédies de Théophile de Viau, Rotrou, Corneille et Racine », sous la direction de Stéphane Macé : « De la rhétorique à la stylistique dans les tragédies : le cas de l’apostrophe ».
  • 11h 20 :   Alice Dumas, agrégée de Lettres, 4e année de thèse à Lyon 3, « Les mots en question dans l’œuvre  narrative de Marivaux », co-direction de Régine Jomand-Baudry et Fabienne Boissieras : « Les mots en question dans l’œuvre narrative de Marivaux : réflexion sur une approche stylistique ».
  • 14h 10 : Assemblée Générale Ordinaire de l'Association Internationale de Stylistique.
  • 15h 00 :  Jérémy Naïm, agrégé de Lettres, thèse sur les récits enchâssés au XIXe siècle, soutenue à Paris 3 en 2015, co-direction Henri Scepi et Gilles Philippe : « De la poétique à la linguistique, une place à prendre ».
  • 15h 40 :   Laélia Véron, agrégée de Lettres, ATER en linguistique à Paris 3 (Sorbonne-Nouvelle), thèse sur « Le trait d’esprit dans la Comédie humaine de Balzac », soutenance prévue le 02 mars 2017 sous la direction d'Éric Bordas : « La stylistique ou l’étude des formes-sens. Pour une approche socio-poétique du discours littéraire ».
  • 16h 40 : Anne-Laure Kiviniemi, maître-assistante (university teacher) au département de philologie romane de l’université de Jyväskylä, termine une thèse de doctorat intitulée : Écriture des poilus et déchirure du pouvoir d’expression à l’université de Tampere (Finlande) : « Stylistique pragmatique et écriture des poilus ».
  • 17h 20 :  Anthony Milans, vacataire à l'UAPV, 2e année de thèse à Lille 3, sur la poétique de la spiritualité chez B.-M. Koltès, sous la direction de Stéphane Chaudier : « Éléments de spiritualité chez Bernard-Marie Koltès ».
     

Résumé des communications : 

  • Alice DUMAS : « Les mots en question dans l’œuvre narrative de Marivaux : réflexion sur une approche stylistique »

Cette intervention a pour objet de justifier et questionner l’approche stylistique, en particulier sémantique et lexicologique qui sous-tend ce travail de thèse. Après une présentation de l’objet de la thèse, à savoir le rapport particulier de Marivaux au langage qui recherche une clarté et un dynamisme nouveau dans un contexte de querelle des Anciens et des Modernes, je tâcherai de montrer la richesse et la pertinence d’une approche stylistique mais également les questions qu’elle soulève.

  • Anne-Laure KIVINIEMI : « Stylistique pragmatique et écriture des poilus »

Le style étant une propriété générale des discours, il n’y a pas lieu d’exclure d’études stylistiques les textes non littéraires. Bien au contraire, la prise en compte de tels types de textes aux côtés d’écrits littéraires permet de recentrer l’objet de la stylistique sur les modalités de production de sens et de valeur. Les écrits ordinaires permettent de mieux cerner ce qu’est le style dans sa progressivité intrinsèque. L’idée est de montrer l’intérêt de l’étude d’écritures ordinaires en stylistique et de défendre le droit à l’existence du style et de la stylistique au-delà du langage poétique : écriture ordinaire et écriture littéraire se situent non dans un rapport de cloisonnement mais plutôt sur un continuum, si bien qu’il est impossible de discerner la limite entre le domaine de l’une et celui de l’autre.

  • Juliette LORMIER : « Variations duratives en poésie française : vers une “prosodie mystérieuse et méconnue” »

Les variations de durée vocalique jouent un rôle déterminant dans le dessin rythmique du vers français. Dans une perspective comparative, l'étude de plusieurs exemples de scansions de vers syllabiques, mesurés à l'antique ou accentuels permet d'en témoigner. A partir d'une définition claire de la durée et de la prosodie qui prend en compte, pour s'enrichir, les définitions de la quantité et de la prosodie propres aux Anciens, nous étudierons la portée stylistique des oscillations duratives dans plusieurs vers de Jean-Antoine de Baïf, Jean Racine, Paul-Jean Toulet et Charles Baudelaire. Deux questions s'articuleront à notre propos : le cas échéant, pourquoi tenter de faire franchir une frontière linguistique à une forme métrique ? quels apports stylistiques pour le poème ?

  • Anthony MILANS : « Éléments de spiritualité chez Bernard-Marie Koltès »

Comment s'exprime la spiritualité ? Car en tant qu'objet essentiellement impalpable et opposé à la matérialité, la spiritualité trouve pourtant une expression dans la littérature. L'intérêt de cette question est donc double : d'abord identifier le moment où un texte devient spirituel ; puis, dans un second temps, quels sont les éléments qui construisent cette spiritualité. Qu'il s'agisse de sites littéraires, d'éléments lexicaux, syntaxiques ou énonciatifs, l'oeuvre de Bernard-Marie Koltès permet une analyse rentable de cette question et propose (déjà) certains éléments de réponse.

  • Lauriane MOURARET-MAISONNEUVE : « De la rhétorique à la stylistique dans les tragédies : le cas de l’apostrophe »

Faire de la stylistique sur un corpus de tragédies du XVIIe siècle implique de prendre en compte que leurs auteurs étaient imprégnés de rhétorique. Dès lors, l’interprétation de certains marqueurs d’allocution varie en fonction de la posture adoptée (rhétorique, linguistique, stylistique, pragmatique). À ce titre, l’apostrophe, figure d’adresse typique, est aussi bien répertoriée comme relevant de l’élocution dans les traités de rhétorique que comme figure de style dans les ouvrages de stylistique. L’écart linguistique invite à penser une continuité entre la rhétorique et la stylistique afin d’apprécier la théâtralité de ce stylème tragique.

  • Jérémy NAÏM : « De la poétique à la linguistique, une place à prendre »

Dans les années soixante, la poétique poursuivait deux objectifs : l'extension de la linguistique au-delà de la phrase et la recherche de critères formels de la littérarité. Ce second objectif, d'évidence le plus daté, est celui qui donna le moins de résultats. Todorov imaginait déjà une époque – la nôtre – où la poétique serait remplacée par une linguistique de tous les textes. De la poétique à la linguistique, réside donc le glissement d'une époque qui a abandonné l'interrogation linguiste sur la littérature. Une place est à prendre dont j'essaierai, dans cette communication, de tracer les contours.

  • Laelia VERON : « La stylistique ou l’étude des formes-sens. Pour une approche socio-poétique du discours littéraire »

Tenter d’établir une démarche stylistique qui dépasse la description techniciste du texte implique de penser le lien entre forme et sens de l’œuvre littéraire. La stylistique, entendue comme approche linguistique du discours, peut alors se nourrir d’une sensibilité historique et sociocritique (telle qu’elle est définie notamment par Duchet). Nous tenterons d’étudier, à partir de l’exemple du trait d’esprit dans la Comédie humaine de Balzac, le fonctionnement pragmatique de cette parole romanesque « à travers l’activité sociale qui [la] porte » (Maingueneau). On se demandera également s’il est possible de faire de cette analyse des formes du social dans le texte l’indice d’une vision sociale du monde. 

Manifestation Cielam

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