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Des poèmes re-situés : vers la popularité ou le dénouement d’un drame de l’expression

Stéphane Baquey
Article dans les actes d'un colloque
Philippe Beck, un chant objectif aujourd'hui, acte du colloque de Cerisy
Directeur(s) de l'ouvrage: 
Isabelle Barbéris et Gérard Tessier
Editeur: 
Éditions Corti
2014
p. 470-490
n° ISBN: 
978-2-7143-1134-4

À Cerisy-la Salle, en août 2013, la décade consacrée à l’œuvre poétique de Philippe Beck a marqué, révélant la force générale d’un chant en devenir (ainsi du « Projet Merlin »). 

La pensée de la poésie maintenue en sa nécessité politique (Benoît Casas, Tristan Hordé), un agencement sensible s’est ouvert à l’interprétation (Tim Trzaskalik). 

Des manières de lire ont approché une rédification, une réfection objective et « plus que lisible » (Jean-Luc Steinmetz), une poésie qui démontre une “confiance dans la poésie” (Gérard Tessier) et fait apparaître la matière de la langue même (Annie Guillon-Lévy, et Jean-Luc Nancy à propos de l’ « Ouverture » des Chants populaires). 

S’est confirmée l’hypothèse d’une poétique qui, issue des rythmes anciens, relance l’oreille expérimentalement, capte le monde et le « compromet » (Judith Balso), “clairon” plutôt que “berceuse”. En l’absence si présente de Jean Bollack, qui sut voir en Beck un poète majeur, s’est peu à peu déplacée une interprétation en termes étroitement post-célaniens.

Alain Badiou a pu conditionner la réouverture d’un « Âge des poètes » au « post-célanisme conséquent» de Beck, démontrant d’ailleurs la force politique de la « fable politique » beckienne.

D’autres ont dévoilé des aspects singuliers de la poétique : le “dur” et le “rude” dans la diction (Martin Rueff), l’érudition moderne (Rémi Bouthonnier), la « décision du vers » (Stéphane Baquey), la critique du post-romantisme, les proses (Tiphaine Samoyault), l’adieu au prosimètre dans l’expression de la «Poésie-Moïse», la tradition et le renouveau du langage (Béatrice Bonhomme, Yves di Manno), la dramaturgie du poème (Isabelle Barbéris, Jérémie Majorel), le croisement des arts (Isabelle Garron, Gérard Pesson, Marcelo Jacques de Moraes), la contrainte sentimentale schillérienne (Jacques Rancière), la figure de l’impersonnage “garant” de la parole (Natacha Michel) dans la « chambre ouverte du poème » (Guillaume Artous-Bouvet), le cœur maintenu après la fin du lyrisme subjectif (Antonio Rodriguez), la figure animale, à la fois allégorique et littérale (Pierre Ouellet), « l’antipathie » (Xavier Person) dans le « système des personnages » (Paul Échinard-Garin), la méthode « didactique » du “regret du futur” après Brecht (Günter Krause)... 

Les réflexions suscitées par « le geste rebelle » qui « manquait depuis les Illuminations» (Jacqueline Risset) sont désormais engagées au terrain solide, dialogique et interdisciplinaire, des chercheurs et des créateurs.

Présentation sur le site de l'éditeur.

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