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Préfaces romanesques sous la Révolution : un nouvel enjeu historique

Huguette Krief
Article dans les actes d'un colloque
Préfaces romanesques
Directeur(s) de l'ouvrage: 
Mladen Kozul, Jan Herman, Paul Peckmans
Editeur: 
Peeters, Louvain-Paris-Dudley
2005
p. 97-411
n° ISBN: 
978-90-429-1554-1

S’il est vrai qu’à l’Âge classique, roman et préface s’ordonnent autour de topicités spécifiques, nombreux sont les cas où les deux séries topiques se traversent. Ces interférences engagent la définition même de ce qu’est la fiction « narrative » à l’époque classique. Celle-ci est loin de se confiner dans le seul roman, même au sens large. La « narration » affecte également l’apparat péritextuel : prologues, préfaces, épîtres, dédicatoires renferment des récits, dont l’ampleur parcourt toute l’échelle de l’infiniment petit à l’infiniment grand. Introduisant le plus souvent des romans, ces récits préfaciels se retrouvent aussi en tête de textes à portée théorique, d’entretiens, de recueils, voire de poèmes. Est-ce que les différentes modalités de la narration préfacielle convergent suffisamment pour constituer une topique? Le roman de l’Âge classique se doit aussi d’intégrer un protocole justifiant l’existence même du texte et la possibilité de sa narration. La rhétorique narrative est inséparable d’une pragmatique qui inscrit dans le récit même certains topoï empruntés au discours préfaciel. Quels topoï ce protocole pragmatique inhérent au roman classique mobilise-t-il? Le XVIIe colloque de la SATOR dont on présente ici les actes a voulu stimuler le dialogue entre spécialistes de l’Âge classique, en se proposant d’étudier l’interférence des discours narratif et préfaciel dans les différentes « ères de soupçon » qui ponctuent la montée du roman et où la narration fictionnelle en prose s’est vue confrontée au besoin de se légitimer comme discours « littéraire ».

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