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Que reste-t-il de nos ethe ?

Joël July
Article dans les actes d'un colloque
L'Homme dans le style et réciproquement, coll. "Textuelles"
Directeur(s) de l'ouvrage: 
Philippe Jousset
Editeur: 
Presses Universitaires de Provence, Aix-en-Provence
2015
p. 173-192
n° ISBN: 
9791032000083

On peut rapporter les nombreuses définitions du style à deux orientations majeures : l’une considère qu’il y a style dès qu’il y a caractéristique, l’autre identifie le style au produit d’un certain artisanat qui cherche à perfectionner le langage et à le manier avec distinction. Dans la première perspective, chacun aurait, à son insu même, « naturellement », un style ; dans la seconde, il n’y aurait de style que cultivé et voulu.
Le présent ouvrage ne cherche pas à départager ces deux conceptions extrêmes, mais plutôt à remettre sur le métier la célèbre maxime de Buffon autour de laquelle toutes les pensées du style n’ont cessé de rôder, depuis qu’elle a été prononcée : « Le style est l’homme même. » Il le fait en choisissant de privilégier notamment une vieille notion rhétorique, l’ethos, cadre conceptuel à l’intérieur duquel il faut tenter de comprendre l’état de fait suivant : les textes sont écrits par des individus qui cherchent à convaincre, influencer, séduire, impressionner, etc. d’autres individus. Néanmoins, contrairement à la situation d’interlocution, ce ne sont pas des individus auxquels nous avons affaire dans la lecture, mais à des sortes d’êtres intermédiaires, entre personne et papier. L’ethos fait son œuvre dans cette épaisseur.

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