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Diderot : le goût de l’art, 12 mars 2013

Rien ne prédisposait Diderot à s’intéresser aux Beaux-Arts. Enfant à Langres, il était destiné à une carrière ecclésiastique. Jeune homme à Paris, il se fait traducteur de l’anglais puis se lance dans l’Encyclopédie : les arts qui l’intéressent sont mécaniques, techniques. Pourtant les comptes rendus qu’il a rédigés pour la Correspondance littéraire des expositions organisées par l’Académie royale de peinture et de sculpture ont fait de lui et pour ainsi dire malgré lui l’inventeur de la critique d’art. Diderot s’est toujours défendu de ce qualificatif de critique. C’est en « poète » qu’il aborde la peinture, découvre Chardin, s’enthousiasme pour Greuze, s’indigne de Boucher qui le fascine, rêve devant les « grandes machines » de la peinture d’histoire. Mais qu’est-ce qu’un poète pour Diderot ? Un rêveur ? Certes. Mais aussi et surtout un philosophe, qui trouva dans l’art une ressource, une réserve pour le déploiement de son matérialisme… Donnée à l’occasion du tricentenaire de la naissance de Diderot (5 octobre 1713), cette conférence de Stéphane Lojkine, professeur de littérature française du XVIIIe siècle, propose de relever et d’éclairer quelques moments stratégiques de la pensée de Diderot où la confluence des arts, l’interférence de leurs champs, le déplacement de leurs frontières ont été convoqués pour jeter les fondements d’une poétique, d’une esthétique, voire d’une politique révolutionnaires.

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