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Auteurs / Autrices :
Directeur(s) / Directrice(s) de l'ouvrage :
Isabelle Brouard-Arends et Marie-Emmanuelle Plagnol-Diéval
Nbre ou N° pages :
p. 121-134
Editeur :
Presses Universitaires de Rennes
Année :
2007
Revue, Collection, Ouvrage collectif :
Femmes éducatrices au siècle des Lumières : discours et pratiques
Type de production :
Article dans les actes d'un colloque
n° ISBN (ou ISSN) :
9782753504684

Les femmes éducatrices qu’évoque ce livre ont compris les enjeux qui dépassent largement l’individu singulier, garçon et/ou fille. Elles agissent dans l’enceinte familiale en interpellant mère et père (la mère dont ces actes révèlent l’importance réelle ou fictive tant elle apparaît de plus en plus comme un interlocuteur privilégié), enceinte familiale considérée comme un lieu expérimental pour préparer un projet de société. Les partenaires de l’éducation, femmes, hommes, auteurs ou non, entrent dans des géométries variables, mais qui, toutes, soulignent la présence grandissante de la femme dans le domaine éducatif, quelle que soit sa place dans la société, femmes de pouvoir ou au pouvoir, femmes exceptionnelles ou non, personnel mercenaire d’une éducation domestique, conventuelle, institutionnelle, privée ou non, célibataires, épouses, mères ou grand-mères, mais toutes conscientes de leur rôle. Cette préoccupation est l’occasion de se forger un destin, d’abord par la réflexion sur le statut lié à leur éducation, mais aussi et surtout parce que leur prise de position s’accompagne d’une entrée en écriture, en littérature, parfois en politique, tolérée dans un premier temps tant le terrain éducatif paraît le prolongement naturel de la vocation maternelle, mais aussi discutée, contestée, ridiculisée, interdite quand les revendications inquiètent trop le pouvoir en place. La question des savoirs, leur nature, leur mode d’apprentissage qui peut aller de l’autodidaxie à une éducation spécifique conçue pour elle par un mentor (père ou mère) en passant par un enseignement reçu par contrebande (quand elles profitent de l’éducation de leurs frères) posent le problème d’un enseignement féminin lui-même, centré sur une conception de la femme « naturellement » portée vers les arts d’agrément, la civilité, l’épistolaire, à qui les sciences, mais aussi tout simplement la lecture doivent être autorisées avec parcimonie et surveillance. Explicitée ou non par les textes, la question d’une éventuelle spécificité féminine est au cœur des débats, elle en constitue le point d’ancrage, qu’il s’agisse des programmes, des méthodes ou des expérimentations proposées.

Texte intégral.