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Entre scandale et leurre : la représentation du mariage dans Paméla de Richardson

Stéphane Lojkine
Article dans les actes d'un colloque
Le mariage et la loi dans la fiction narrative avant 1800, 21e colloque SATOR, La république des Lettres, n°53
Directeur(s) de l'ouvrage: 
Françoise Lavocat, Guiomar Hautcœur
Editeur: 
Peeters, Louvain-Paris-Walpole MA
2014
p. 431-449
n° ISBN: 
978-90-429-2675-2

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Présentation du volume par l'éditeur :

  « Ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants ». Le mariage est, par excellence, la conclusion obligée des contes de fées, des romans sentimentaux et des films hollywoodiens. Mais qu'en est-il dans d'autres genres, ou lorsque le mariage intervient au début de la nouvelle ou au cours du roman ? Est-il alors condamné, de façon également stéréotypée, à être défait ? S'il est vrai que « toutes les familles heureuses se ressemblent », comme l'écrit Tolstoï au début d'Anna Karénine, le bonheur matrimonial semble incompatible avec l'intérêt romanesque.

  Tel est le moindre paradoxe du mariage comme topos, heureux ou malheureux selon sa place dans le récit. La production narrative européenne, du moyen âge à la fin du dix-huitième siècle, offre un éventail extrêmement riche et diversifié de situations récurrentes (en d'autres termes, de topoï) concernant le mariage. Or, dans la même période, le mariage est une institution et un sacrement en débat. A partir du seizieme siecle, de nouvelles lois, l'affirmation des droits de la subjectivité et des individus, en particulier des femmes, les guerres civiles et religieuses, la découverte d'autres peuples et de coutumes étrangères éveillent la réflexion et nourrissent les controverses.

  Comment s'articulent alors l'ordre du récit, les normes internes et externes à la fiction, et la perception du mariage comme problème? C'est une certaine conception du pouvoir des fictions, en particulier dans leur rapport à la loi, qui est en jeu dans cette intéraction complexe. Les études ici réunies envisagent les fictions comme des expériences de pensée permettant la conciliation, la compensation, le déplacement ou la déconstruction de conflits réels. C'est tantôt la valeur subversive des fictions, tantôt leur visée éducative et morale, ou leur vertu consolatrice qui est soulignée. L'expérience que nous faisons de mondes possibles plus ou moins désirables interroge et améliore peut-être, en effet, notre façon d'être au monde. Sans doute est-ce là une des raisons du retour du stéréotype, de sa contestation et de sa restauration constantes.

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