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Tableaux disposés, scènes entendues : la gestion du spectacle dans la fiction et dans la paranoïa rousseauistes

Stéphane Lojkine
Article dans les actes d'un colloque
Rousseau et le spectacle, coll. Recherches
Directeur(s) de l'ouvrage: 
Christophe Martin, Jacques Berchtold, Yannick Séité
Editeur: 
Armand Colin
2014
p. 325-338
n° ISBN: 
978-2-200-28919-5

 

Présentation d'ensemble du volume :

Le spectacle apparaît comme une notion centrale dans l’œuvre et la vie de Rousseau. Sa réflexion critique sur les spectacles procède, en effet, d’une problématique à la fois intellectuelle et existentielle impliquant le « système » de l’œuvre en sa totalité. Car le spectacle, chez Rousseau, n’est pas seulement l’emblème de la dénaturation : s’il est bien à l’origine du mal dans la société, il est aussi une expérience essentielle. D’une part Rousseau expose à ses contemporains le haut prix du « spectacle de la nature » consolateur de tous les maux et preuve persistante de la Providence. D’autre part il se révèle toujours hanté d’images et de chimères et il voit dans la fête antique le spectacle (humain et sociétal) pur par excellence : celui où rien n’est représenté et où le spectateur est à lui-même (et à ses congénères en empathie) son propre spectacle. Ce volume, qui réunit quelques uns des meilleurs spécialistes de Rousseau, s’efforce de relire son œuvre à la lumière d’une notion qui permet en particulier de considérer simultanément le penseur et le créateur de formes : loin de se limiter au Rousseau pourfendeur des spectacles, on s’est proposé non seulement de réévaluer la composante proprement dramatique de sa production, mais d’insister sur une dimension essentielle de sa pensée et de son écriture. En cette œuvre où le registre visuel est sollicité en permanence, fût-ce pour faire signe vers un invisible qui le dépasse, c’est cette partie liée de l’écriture et du spectacle qu’il s’agit d’explorer.

Jacques Berchtold est professeur de littérature française du XVIIIe siècle à l’université Paris-Sorbonne et directeur de la Fondation Bodmer (Cologny, Suisse).
Christophe Martin est professeur de littérature française du XVIIIe siècle à l’université Paris-Sorbonne.
Yannick Séité est maître de conférences en littérature française du XVIIIe siècle à l’université Paris-Diderot.
Tous trois font partie du comité de direction des Œuvres complètes de Rousseau en cours de publication aux éditions Classiques Garnier.

Avec les contributions de : Pauline Beaucé, Marie-Hélène Cotoni, Michel Delon, René Démoris, Anne Deneys-Tunney, Pierre Frantz, Jean-Philippe Grosperrin, Élisabeth Lavezzi, Érik Leborgne, Sylviane Léoni, Stéphane Lojkine, Laurence Mall, Frédéric Marty, Chaké Matossian, Jean-Damien Mazaré, Jean-François Perrin, Marie-Emmanuelle Plagnol-Diéval, Catherine Ramond, Jean-Paul Sermain, Vanessa de Senarclens, Amélie Tissoires, Laurence Viglieno, Jacqueline Waeber et Masano Yamashita.

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