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La digression dans la littérature et l’art du Moyen Âge

Chantal Connochie-Bourgne
Direction d'ouvrage
Senefiance
Editeur: 
Presses universitaires de Provence
2005
448 p.
n° ISBN: 
978-2853995979

Ce volume réunit les 31 contributions des Actes du colloque du CUER MA (2004). Etudier la digression dans la littérature médiévale constituait une sorte de défi. Il ne s'agissait ni de condamner ces excursus ni d'en faire l'éloge. Qui, de l'auteur ou du lecteur, est le plus apte à borner l'espace digressif et à l'apprécier ? Dans les précautions que les auteurs prennent à commenter ou à justifier leur écart, se prononcent les fonctions différentes, mais non exclusives l'une de l'autre, qu'il est censé remplir. La digression se présente comme utile ; qu'elle cherche à amuser, à séduire, à conseiller, à renseigner, à engager à l'action, ou à faire participer le lecteur à l'acte d'écriture, elle relève toujours d'une stratégie. Du XIIe au XVe siècle, son emploi témoigne d'une volonté sommative, avouée, voire revendiquée, dans les encyclopédies, les traités didactiques, les récits de voyages, les chroniques, plus masquée dans les œuvres de fiction, où son usage permet paradoxalement à nombre d'auteurs de renforcer la cohésion d'une matière narrative sujette aux égarements du plaisir de raconter. Lecteurs en quête de sens, nous montrons comme nous sommes portés à découvrir sous l'abondance des mots et le déplacement des points de vue un ordre de la pensée. Quant à l'usage médiéval de la digression, il témoigne d'une littérature qui cherche à définir sa fonction dans la société, son utilité, son pouvoir, qui laisse voir comment elle s'enracine dans une tradition qu'elle ne cesse de renouveler.

Table des matières :
Avant-propos, par Chantal Connochie-Bourgne, p. 7
Jean Arrouye, Digression sculptée, p. 11
Pierre-Yves Badel, Jean de Meun ou la digression impossible, p. 21
Anne Berthelot, Digression et entrelacement: l’efflorescence de “l’arbre des histoires”, p. 35
Carine Bouillot, Un refus de la digression ? Étude de l’art narratif des Croniques et Conquestes de Charlemaine de David Aubert, p. 49
Élodie Burle, D’errances en digressions. La digression dans quelques récits médiévaux de voyage et de pèlerinage, p. 61
Damien de Carné, Tristan dans la forêt d’Arvances : écart et miroir du roman, p. 73
Mattia Cavagna, La notion de « digression » dans le Speculum historiale de Vincent de Beauvais, p. 89
Stefania Cerrito, Mes en nostre matiere n’apartient pas : la vengeance de Médée dans le Roman de Troie et sa mouvance, p. 99
Nicole Chareyron, Errances et digressions dans un récit de voyage au XVe siècle : l’Evagatorium de frère Félix Fabri, p. 115
Paola Cordella, La digression mise en cycle dans Renaut de Montauban (versions rimées), p. 125
Isabel de Barros Dias, Au carrefour des intentions et des analogies. L’usage pragmatique de la digression dans l’historiographie ibérique des XIIIe et XIVe siècles, p. 141
Ollivier Errecade, Merlin dans le Lancelot propre : digression et art poétique, p. 153
Hélène Gallé, Parenthèses généalogiques et “incidents” dans les chansons narbonnaises : du parcours du héros au parcours du texte, p. 165
Francis Gingras, Le Biausdous de Robert de Blois : la nature du roman et l’art de la digression, p. 187
Valérie Gontero, La digression encyclopédique dans Le Roman de Troie de Benoît de Sainte-Maure: définition et enjeux de la translatio diagonale, p. 201
Marie-Geneviève Grossel, La digression comme espace de liberté: les “queues” dans les Miracles Notre Dame de Gautier de Coinci, p. 215
Danièle James-Raoul, La digression dans les arts poétiques des XIIe et XIIIe siècles : aperçu théorique, p. 229
Jannick Jatteesing-Baucheron de Boissoudy, La digression pour une didactique du bien dans Le Livre de la Deablerie d’Eloy d’Amerval, p. 245
Jean Lacroix, Digression-jouissance et digression pédagogique chez les découvreurs de « nouveaux mondes » (XIVe et XVe siècles), p. 259
Françoise Laurent, “Des or m’est vis que je demor”. exorde et excursus : l’ouverture de l’Histoire des ducs de Normandie de Benoît de Sainte-Maure, p. 277
Silvère Menegaldo, Un roman qui ne sait pas finir : l’interminable épilogue matrimonial dans le Cleomadés d’Adenet le Roi, p. 289
Martine Pagan, La digression, une technique d’approche paradoxale de l’inconscient du lecteur, p. 301
Jean-Marc Pastré, Digressions et transmission du modèle héroïque dans les romans de Tristan au Moyen Age, p. 309
Irena Prosenc Segula, La digression dans le Trecentonovelle de Franco Sacchetti, p. 319
Delphine Reix-Videt, Le Livre de la Paix de Christine de Pizan ou la digression morale et politique, p. 329
Adeline Richard, La digression, en somme. L’exemple du Tristan en prose, p. 349
Alessandra Stazzone, “Movemi timore d’infamia.” Digresser pour se défendre de l’infamie, du Convivio à la Comédie , p. 363
Armand Strubel, Jean de Meun : la digression comme principe d’écriture, p. 377
Karin Ueltschi, La digression dans l’économie du discours didactique vernaculaire du Moyen Age français: manifestations et enjeux dans Le Mesnagier de Paris, p. 391
Patricia Victorin, Pour abregier... Statuts et enjeux du dispositif digressif dans Jehan de Saintré, p. 409
Fleur Vigneron, Digression, marginalité et hiver dans le Lais et le Testament de François Villon, p. 431

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