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La dissidence morale et philosophique dans La Tragédie de l’athée de Cyril Tourneur

Shahab Entezareghaem

Bien qu’on la considère comme un chef-d’œuvre artistique moins remarquable que La Tragédie du vengeur dans le canon de Tourneur, La Tragédie de l’athée semble indiquer la démarcation de Tourneur d’avec le courant dominant de la tragédie de vengeance élisabéthaine. Le genre de la tragédie de vengeance a été établi par La Tragédie espagnole de Thomas Kyd en 1587. Comme les tragédies de Sénèque, la vengeance du sang, exigée par l’âme du personnage assassiné, est le fait tragique principal dans la pièce de Kyd. Mais contrairement aux conventions du théâtre de vengeance, le fantôme de son père assassiné exige que le protagoniste de La Tragédie de l’athée, Charlemont, ne prenne aucune initiative et qu’il s’en remette au Ciel pour la justice. Comme Fredson Bowers l’exprime dans Elizabethan Revenge Tragedy, bien que La Tragédie de l’athée soit inspirée de l’école Kydienne et qu’elle ait été évidemment influencée par Hamlet de Shakespeare1, l’innovation que Tourneur fait par rapport au traitement de la vengeance est assez semblable à celle opérée par George Chapman pour le personnage de Clermont D’Ambois dans The Revenge of Bussy D’Ambois. Dans les deux cas, les protagonistes recourent à des procédés honorables plutôt qu’à des intrigues sanglantes pour leur vengeance.

Néanmoins, ce qui est plus remarquable que cette innovation dramatique dans La Tragédie de l’athée c’est, à mon avis, l’exploration faite par Tourneur des thèmes moraux. Dans cet article, je voudrais montrer comment Tourneur transgresse les règles morales et politiques de son époque, en particulier dans le personnage de l’athée de sa pièce, à savoir, D’Amville. D’Amville est un homme politique incroyant qui est vaincu à la fin de la tragédie, mais, apparemment son athéisme n’est jamais réfuté dans la pièce. Nous pouvons donc penser que, dans La Tragédie de l’athée, Tourneur réconcilie le Christianisme orthodoxe et les tendances philosophiques et scientifiques émergentes à l’époque de la première modernité.

D’Amville et Borachio ouvrent la première scène de la pièce en exposant la conception de la philosophie naturelle particulière de D’Amville :

D’AMVILLE. Borachio, tu es instruit

Par la nature et sa large philosophie.

N’observes-tu pas la même loi

régir à la fois l’homme et la bête ?

BORACHIO. La même : naissance, croissance, âge mûr, décrépitude

et mort :

Seulement des deux, l’homme, par sa nature,

Est de meilleure composition.

D’AMVILLE. Mais quand la faveur de sa nature

N’est pas pleine et libre, vous voyez l’homme devenir

Sot, aussi petitement sage qu’une bête.

BORACHIO. Ceci montre qu’il n’y a rien en l’homme de supérieur

A sa nature : car s’il y avait,

L’excellente création qu’est l’homme ne céderait pas

A la faiblesse de la nature2. (I, 1.)

Nous pourrions dire qu’avec ces discours justement à la scène d’ouverture de la pièce, Tourneur crée un personnage semblable à Edmund dans King Lear de Shakespeare qui dévoile sur la scène sa philosophie de la Nature. D’Amville avance le point de vue selon lequel l’homme est une créature exclusivement naturelle, totalement autonome dans sa vie et dissociée d’un être surnaturel. À la fin de la pièce il déclare même :

Toutes les entreprises de l’homme

ne visent qu’à l’un de ces deux buts : le plaisir ou le profit.

[…] La nature permet

à toutes les autres créatures de procréer librement. Et

l’homme, pour la volonté et pour l’usage de qui elles

ont été conçues, serait moins libre qu’elles3 ? (IV, 3.)

Comme il écarte toute forme de justice divine, D’Amville rejette toutes valeurs morales et fait montre de cruauté pour atteindre ses buts. En tant que personnage machiavélique subtil, D’Amville assassine son frère, le chef d’État, et complote aussi pour éliminer son neveu, Charlemont, l’héritier légal de la couronne, pour s’accaparer le royaume. Par conséquent, Michael H. Higgins affirme que « D’Amville est une synthèse intellectuelle de tous les maux imaginés par un esprit jacobéen. Il incarne toutes les accusations violentes portées contre Machiavel4. »

Selon Ornstein, D’Amville substitue une philosophie égoïste et égotiste de la Nature à la foi religieuse. Beaucoup de critiques ont souligné la relation réciproque entre l’athéisme et le naturalisme à l’époque de la Renaissance. Ayant étudié la notion d’athéisme à cette période-là, Strathmann, par exemple, conclut que par-dessus tout, un athée est un naturaliste qui, par une étude excessive de la nature, est enclin à lui donner le rôle du créateur. Pierre de la Primaudaye décrit parfaitement la philosophie de la Nature et ses effets nuisibles dans Académie Françoise (1577) et insiste sur le fait que :

La Philoſophie naturelle conſiſte principalemẽt és Mathematiques, diuiſees en pluſieurs parties & ſciences particulieres : la plus part deſquelles ſemblent à pluſieurs n’eſtre pas beaucoup neceſſaires, comme celles qui traittent de la nature des Cieux, du Soleil, de la Lune, de leurs mouuements, meſures, & des cauſes naturelles de toutes choſes. Ce qui ſert ſouuent plus à contenter la curioſité des grands eſprits, que pour les rendre meilleurs, cerchans quelquefois tãt curieuſement par ſpeculations, & queſtions vaines & friuoles, les causes naturelles des choſes, qu’à la fin ils s’efforcent de trouver vn autre commencemt de tour, que Dieu5.

Selon Pierre de la Primaudaye et Strathmann, un naturaliste est un scientifique qui a une conception strictement matérialiste de l’univers dirigé par les lois physiques de cause et d’effet. Pour cette raison, il réfute le discours religieux quand bien même il est confirmé par la raison spéculative. Bien qu’il soit un politicien machiavélique, le personnage de D’Amville est pourtant la caricature d’un naturaliste de la Renaissance. C’est un athée qui ne cherche que l’avantage économique et le plaisir. Parmi d’autres apologistes contemporains, Richard Hooker soutient, dans Of The Laws of Ecclesiastical Polity, que l’athéisme est l’excuse pour ceux qui cherchent le plaisir sensuel dans ce monde:

C’est de là que vient la fontaine et la source de l’impiété, une intention résolue de l’esprit de moissonner dans ce monde n’importe quel profit ou plaisir des sens que le monde offre, et de ne pas être entravé par quelque obstacle que ce soit qui se présenterait. Et que ce soit la cause radicale même de leur athéisme, nul n’en doutera, je pense, dès lors qu’il considèrera quelles douleurs ils supportent pour détruire ces causes et motifs principaux de toute vertu, de la Création du monde, de la Providence de Dieu6.

Non seulement Tourneur développe son personnage de l’athée en rapport avec les idées contemporaines sur l’athéisme, mais il termine sa pièce avec la chute morale de ce personnage, comme les apologistes chrétiens l’ont prévu dans leurs textes théoriques. Selon Fotherby, par exemple, aucun des athées « ne décède d’une mort juste et naturelle, mais chaque fois d’une mort violente et anormale7 » et de la même manière, la tragédie de Tourneur se termine par les malheurs de l’athée et sa démence, la confession des erreurs qu’il a commises et finalement sa mort. Mais, s’étant mortellement blessé, D’Amville s’en prend à Dieu comme s’il était responsable de sa mort:

D’AMVILLE. Quel meurtrier a levé la main contre ma

tête ?

JUGE 1. Personne d’autre que vous-même, mon seigneur.

D’AMVILLE. Je pensais que c’était un meurtrier qui

l’avait fait.

JUGE 2. Dieu que non.

D’AMVILLE. Que non ? Vous mentez, juge. (V, 28)

Il y a peu de doute qu’à cause des caractéristiques du personnage de D’Amville beaucoup de critiques l’ont opposé à Charlemont comme symboles, le premier, d’une âme damnée, et l’autre — de la piété chrétienne, pour conclure que dans la scène finale de la tragédie, Tourneur « prouve la réalité de l’esprit par opposition à la fantaisie du matérialisme9 ». Beaucoup de critiques pensent que dans cette pièce, Tourneur fait l’éloge du triomphe final du pouvoir d’un vrai croyant qui surmonte le mal par la patience chrétienne. Ils opposent D’Amville à Charlemont et concluent que si le premier est associé à l’incrédulité et pactise avec les forces diaboliques, le deuxième est comme l’agent de Ciel sur la terre et son univers est donné comme divinement ordonné. Par conséquent, Irving Ribner affirme :

[…] la vertu constante de Charlemont assure son bonheur non seulement dans le Ciel, mais aussi dans le monde d’ici-bas. Charlemont est la réponse de Tourneur à la question de la manière dont un homme bon peut vivre dans un monde corrompu par la réalité du péché et de la mort. La réponse donnée relève du Christianisme traditionnel10.

Il ne faut pas oublier que Tourneur était censé se conformer aux conventions morales chrétiennes dominantes, sinon il aurait été censuré. Néanmoins, contrairement à Ribner et à ses collègues, je pense que Tourneur ne réfute jamais directement l’athéisme de D’Amville ni ses tendances matérialistes, c’est pourquoi on peut dire que La Tragédie de l’athée est une œuvre dissidente sur le plan moral comme sur le plan philosophique. Bien qu’il soit un personnage important en tant que représentant de la piété et de la moralité, Charlemont est seulement le spectateur de la chute de D’Amville. En fait, il est en prison presque du début jusqu’à la fin de la pièce. De cette façon, Tourneur éloigne le vengeur de D’Amville et par conséquent, Charlemont accomplit la demande de son père assassiné de ne pas passer à l’action et de laisser la vengeance au Roi des rois. Donc, nous pouvons soutenir l’hypothèse que le protagoniste de la pièce de Tourneur est peut-être Dieu, l’adversaire de D’Amville depuis le début.

Contrairement à Charlemont, D’Amville commence ses activités maléfiques, assuré de sa supériorité sur les dupes qui l’entourent dès le début de la pièce. Il affirme que c’est l’or, plutôt que les étoiles, qui dirige les sociétés humaines et que le tonnerre est un phénomène physique, non un exécuteur de la justice divine. En montrant ses pièces d’or, il proclame :

Reconnais, toi, astronome ignare,

Dont la spéculation aventureuse veut lire

La destinée des hommes dans les planètes ; avec

stupeur,

Reconnais ton erreur et sois terrassé.

Voici les étoiles dont les mouvement font

La fortune et le destin des hommes.

[…] Ce sont là les étoiles, les ministres du destin

Et la haute intelligence de l’homme est le pouvoir

supérieur

Auquel toutes leurs forces sont subordonnées11. (V, 1.)

Au lieu de chercher l’immortalité de l’âme qui n’est rien de plus qu’une simple superstition pour lui, D’Amville vise à fonder une dynastie riche et puissante. D’abord, il commence impeccablement: il commet un meurtre qui n’est pas détecté, il saisit l’héritage de Charlemont et il force Castabella à se marier avec son fils aîné, Rousard. Aucune force humaine n’est capable de l’empêcher et D’Amville semble être sans égal dans le monde de la pièce. Sa prédominance semble assurée, mais le jugement de Dieu tombe soudainement sur lui. D’abord son fils, Rousard, tombe malade et il est incapable de lui assurer les héritiers dont il a si désespérément besoin pour garantir la perpétuation de sa dynastie. Peu de temps après, alors qu’il se réjouit de son or mal acquis, on lui apporte les cadavres de ses fils. D’Amville supplie la nature de les rendre à la vie, mais il apprend que ni la nature ni les richesses n’ont d’impact sur la mort. Alors seulement sa croyance en la Nature se fissure, son arrogance est brisée et son succès politique devient vide de sens :

Me voilà ridicule à mes propres yeux

Nature, tu as trahis mon âme ; Tu as abusé de ma

confiance. Je me plaindrai à la cour suprême. Pour

redresser ce tort je te convaincrai de falsification de

garanties. Tu en répondras devant la Chambre des

Etoiles. Enlevez les corps. Ô, l’odeur de la mort

commence à troubler mon âme égarée12. (V, 1.)

Probablement sous l’influence de l’Atheomastix de Fotherby13 ou d’autres sources similaires, Tourneur met en scène simplement les conventions dramatiques et morales répandues et les croyances religieuses de son temps, mais on ne peut pas pour autant être vraiment sûr qu’il ait été personnellement opposé à l’athéisme ni au naturalisme de D’Amville. Bien qu’il défende la doctrine du christianisme à la fin de la pièce quand D’Amville est vaincu, Tourneur ne réfute jamais le point de vue de D’Amville sur la nature. Pour Charlemont et Castabella, la nature et le rationalisme hérité de Bacon ne sont pas égales l’une à l’autre. La loi morale innée est distincte de la force physique de la nature instinctive qui anime les bêtes ou les astres par exemple. Pourtant, la position de D’Amville concernant la Nature n’est jamais directement contrecarrée au cours de la pièce. Ce n’est qu’à la fin de la tragédie qu’il se voit signifier que le raisonnement exclusivement fondé sur la nature ne fournit pas une interprétation valable du monde parce qu’au-dessus de la nature existent Dieu et la Providence :

[…] Mais nature est une bouffonnerie quelque

puissance lui est supérieur, et elle a jeté à bas la fierté

de mes projets et de ma prospérité14. (V, 2)

D’après Ornstein, Tourneur n’est pas le premier auteur à réfléchir à la relation entre Nature et Providence. Du Vair aussi, comme lui, exprime dans De la constance et consolation és calamitez publiques (1594) que la Nature est la force physique de l’univers qui est contrôlé par le haut, selon la loi divine, et qu’une interprétation exclusivement naturaliste du monde est incomplète. Il semble qu’à la fin du seizième et au début du dix-septième siècles, une vue empirique de la nature remplaça progressivement l’idéal spéculatif établi par les philosophes classiques et médiévaux. Dans «Of Truth», par exemple, Francis Bacon estime que les affaires pratiques, sociales et économiques doivent être traitées comme différentes des vérités théologiques ou des arguments religieux. Les pratiques politiques ou économiques quotidiennes doivent, en conséquence, être évaluées sur la base de règles empiriques et non en conformité avec certains décrets éternels déduits des textes sacrés. Ayant un tel point de vue pragmatique, Bacon pense que les maladies sociales et politiques découlent de problèmes socio-politiques qui doivent être minutieusement étudiés pour pouvoir y remédier15. Par conséquent, la nature est devenue de plus en plus le domaine des scientifiques plutôt que celui des philosophes moraux.

Pour conclure, je dois dire que dans La Tragédie de l’athée Cyril Tourneur corrobore une philosophie naturaliste sans l’ombre d’un doute. Au lieu de rejeter le christianisme orthodoxe ou les tendances scientifiques émergentes, il crée une réconciliation entre les deux. Dans cette pièce, la nature n’est plus l’incarnation de la loi morale divine, mais l’ordre divin existe toujours au-delà de la portée des empiristes:

Dans La Tragédie de l’athée, Tourneur défait le naturaliste de la Renaissance, mais c’est une victoire à la Pyrrhus, car en séparant la Nature de la Providence, il admet l’existence de ces mondes différents, prémisse du rationalisme de Bacon. […] Au lieu de tenter de nier la conception naturaliste de l’univers, Tourneur l’intègre à une vision religieuse reconstituée du monde et réaffirme ainsi la transcendance de Dieu et sa loi morale au-dessus des lois de cause et d’effet qui régissent la matière16.
1 .

Voir Fredson Bowers, Elizabethan Revenge Tragedy, 1578-1642, Princeton, Princeton University Press, 1954, p. 140-141.

2 .

« D’AMVILLE. Borachio, thou art read

In nature and her large philosophy.

Observ’st thou not the very self-same course

Of revolution both in man and beast ?

BORACHIO. The same. For birth, growth, state, decay

And death :

Only, a man’s beholding to his nature

For th’ better composition o’ the two.

D’AMVILLE. But where that favour of his nature is

Not full and free you see a man becomes

A fool, as little-knowing as a beast.

BORACHIO. That shows there’s nothing in a man above

His nature: if there were, consid’ring ’tis

His being’s excellancy, ’twould not yield

To nature’s weakness. (I, 1, 3-16)

The Plays of Cyril Tourneur, ed. George Parfitt, Cambridge, Cambridge University Press, 1978, p. 105, et Cyril Tourneur, La Tragédie de l’athée, trad. Charles Ginvert et Matthew Jocelyn, L’Avant-Scène Théâtre, n° 912, 15 juin 1992, p. 5. Toutes mes références se font à ces deux éditions, d’abord à l’édition anglaise, puis à la traduction française.

3 .

« All the purpose of man

aim but at one of these two ends, pleasure or profit

[…] Nature allows a gen’ral

liberty of generation to all creatures else, shall man

to whose command and use all creatures were made

subject, be less free than they ?
(IV, 3, 106-122)

Ibid., p. 169 et p. 39.

4 .

« D’Amville is an intellectual synthesis of all the imagined evil available to the Jacobean mind. He embodies all the wild charges against Machiavelli. » (Michael H. Higgins, « The Influence of Calvinistic Thought in Tourneur’s Atheist’s Tragedy », The Review of English Studies, vol. 19, n° 75, 1943, p. 258, ma traduction.)

5 .

Pierre de la Primaudaye, Académie Françoise, Lyon, Iean Veirat, 1577, p. 19-20. En anglais : « Naturall philosophie consisteth chiefly in the Mathematicks, which are divided into many parts and particular sciences, of which the most of them seem to manie not greatly necessarie, as that which intreateth of the nature of the heavens, of the sunne, of the moone, of their motions, measures, and of the naturall causes of al things. Which oftentimes serveth rather to content the curiosity of hawtie spirits, than to make them better, insomuch that sometimes, by speculations, and by vaine and frivolous questions, they seeke out the naturall causes of things so curiouslie, that in the end they strive to finde out another beginning of all things than GOD. » (Pierre de la Primaudaye, The French Academie, trad. T. Bowes, Londres, 1594, p. 39.)

6 .

« The fountain and well-spring of which impiety is, a resolved purpose of mind to reap in this world what sensual profit or pleasure soever the world yieldeth, and not to be barred from any whatsoever means available thereunto. And that this is the very radical cause of their Atheism no man (I think) will doubt which considereth what pains they take to destroy those principal spurs and motives unto all virtue, the Creation of the World, the Providence of God… » (Richard Hooker, The Works of that Learned and Judicious Divine, Mr Richard Hooker, Oxford, 1875, vol. 1, p. 432, ma traduction française.)

7 .

« doe die faire and naturall deathse , but all violent and unnaturall » (Bishop Martin Fotherby, Atheomastix, Londres, 1622, p. 161. Ma traduction française)

8 .

« D’AMVILLE. What murderer was he that lifted up my

Hand against my head ?

1 JUDGE. None but yourself, my lord.

D’AMVILLE. I thought he was a murderer that did it.

2 JUDGE. God forbid.

D’AMVILLE. Forbid ? You lie, judge. He commended it. »
(V, 2, 238-241)

Cyril Tourneur, (1978 et 1992), p. 190 et p. 47.

9 .

« …prove[s] the reality of spirit as opposed to the phantasy of materialism » (Irving Ribner, Jacobean Tragedy, The Quest for Moral Order, New York, Barnes and Noble, 1962, p. 95. Ma traduction française)

10 .

« […] the consistent virtue of Charlemont assures his happiness not only in heaven but in the present world as well. Charlemont is Tourneur’s answer to the question of how a good man may live in a world corrupted by the reality of sin and death. It is an answer in terms of a traditional Christianity. » (Ibid., p. 95.)

11 .

« Behold thou ignorant astronomer

Whose wand’ring speculation seeks among

The planets for men’s fortune, with amazemen
t

Behold thine error and be planet-struck.

These are the stars whose operations make

The fortunes and the destinies of men.

[…] these are the stars, the ministers of fate,

And man’s high wisdom the superior power. »

Cyril Tourneur, (1978 et 1992), p. 180 et 43.

12 .

« Now to myself I am ridiculous.

Nature thou art a Traitor to my soul.

Thou hast abused my trust. I will complain

To a superior Court, to right my wrong.

I’ll prove thee a forger of false assurances.

In yond Star Chamber thou shalt answer it.

Withdraw the bodies. O the sense of death

Begins to trouble my distracted soul »

Ibid
., p. 183 et 44.

13 .

Martin Fotherby, Atheomastix ; clearing foure truthes, against atheists and infidels, publié à titre posthume en 1622.

14 .

« But Nature is a fool. There is a power,

Above her that hath overthrown the pride

Of all my projects and posterity. »

Ibid., p. 191 et 47-48.

15 .

Voir Francis Bacon, « Of Truth », The Works of Francis Bacon, eds. James Spedding, R. L. Ellis, and D. D. Heath, 7 vols., London, Longmans, 1857-1859, vol.1, p. 376-379.

16 .

« In The Atheist’s Tragedy, Tourneur defeats the Renaissance Naturalist, but his victory is Pyrrhic, for by seperating nature and Providence, he admits the existance of those divided and distinguished worlds which are the premise of Baconian rationalism. […] Instead of attempting to deny a naturalistic conception of the universe, Tourneur assimilates it within a reconstituted religious world view, reaffirming the transcendence of God and His moral law over the laws of cause and effect that govern matter. » (Robert Ornstein, « The Atheist’s Tragedy and Renaissance Naturalism », Studies in Philology, no51, 1954, p. 207.)

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