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La digression, en somme. L’exemple du Tristan en prose

Adeline Duperray-Richard
Chapitre d'ouvrage
La digression dans la littérature et l’art du Moyen Âge, coll. Senefiance
Directeur(s) de l'ouvrage: 
Chantal Connochie-Bourgne
Editeur: 
Presses universitaires de Provence, Aix-en-Provence
2005
p. 349-361
n° ISBN: 
9782853995979

Ce volume réunit les 31 contributions des Actes du colloque du CUER MA (2004). Étudier la digression dans la littérature médiévale constituait une sorte de défi. Il ne s'agissait ni de condamner ces excursus ni d'en faire l'éloge.

Qui, de l'auteur ou du lecteur, est le plus apte à borner l'espace digressif et à l'apprécier ?
Dans les précautions que les auteurs prennent à commenter ou à justifier leur écart, se prononcent les fonctions différentes, mais non exclusives l'une de l'autre, qu'il est censé remplir. La digression se présente comme utile; qu'elle cherche à amuser, à séduire, à conseiller, à renseigner, à engager à l'action, ou à faire participer le lecteur à l'acte d'écriture, elle relève toujours d'une stratégie.
Du XIIe au XVe siècle, son emploi témoigne d'une volonté sommative, avouée, voire revendiquée, dans les encyclopédies, les traités didactiques, les récits de voyages, les chroniques, plus masquée dans les œuvres de fiction, où son usage permet paradoxalement à nombre d'auteurs de renforcer la cohésion d'une matière narrative sujette aux égarements du plaisir de raconter.
Lecteurs en quête de sens, nous montrons comme nous sommes portés à découvrir sous l'abondance des mots et le déplacement des points de vue un ordre de la pensée. Quant à l'usage médiéval de la digression, il témoigne d'une littérature qui cherche à définir sa fonction dans la société, son utilité, son pouvoir, qui laisse voir comment elle s'enracine dans une tradition qu'elle ne cesse de renouveler.

Texte intégral.

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