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Stylistique et création

L’axe Stylistique et création a pour responsable Gil Charbonnier. Il intègre à l’ancien axe Stylistique de nouvelles recherches développées en complémentarité avec l’ouverture, à la rentrée 2018, d’un parcours complet de formation en création littéraire allant de la Licence (Parcours type « Écritures » de la licence de Lettres) au doctorat (Mention « Pratique et théorie de la création artistique et littéraire ») en passant par le Master « Recherche, Écriture, Discours », axe « recherche & création ». Cette intégration articule ainsi pleinement recherche et formation : la stylistique engage les processus de pensée sans se cantonner à un catalogage de formes, offrant, avec la réflexion sur l’écriture créative, un tremplin pour repenser les méthodes d’enseignement dans les formations en lettres et renforcer l’attractivité de ces dernières. L’axe articule, à une réflexion théorique et épistémologique sur les fonctions du style et les enjeux de la stylistique, une génétique et une poétique de la création alliant la pratique vivante à son analyse et à l’élaboration méthodologique.

Travaux et réalisations en cours

Les styles de la critique

Ce programme prend appui sur la collaboration avec l’université de Sfax et le colloque « Controverses sur le style. Souci du style vs.indifférence au style » tenu en 2014. Il a fait l’objet en octobre 2015 de l’un des premiers ateliers de l’UFR ALLSH (resp. Ph. Jousset, S. Chaudier, J. July). En s’attaquant aux styles de la critique, il s’agit de rompre la frontière implicite entre textes de fiction, pour lesquels la séduction d’un habillage stylistique serait bienvenue, et textes d’idées, dont la transparence serait requise. Il n’y a pas de pensée sans style, mais c’est tout particulièrement vrai de la critique littéraire d’expression française du xxesiècle, qui constitue un phénomène littéraire unique, guère transposable dans les aires linguistiques voisines.

Sur fond d’une cartographie des « styles » de la critique et en lien avec le congrès de la SELF « Extension du domaine de la littérature » qui a eu lieu en septembre 2017 et a accueilli une plate-forme stylistique, le colloque « Poétique des énoncés inconvenants et paradoxaux » qui se tiendra en octobre 2018 sous l’égide de l’Association Internationale de stylistique (AIS) constituera le 4ecolloque international de celle-ci. Il se demandera « ce que la fonction poétique fait à la pensée » : chacun garde en mémoire ces petits séismes intellectuels que provoquent une pensée débridée, spectaculairement illogique (ou antilogique ou a-logique), un mot « déplacé », ou encore l'expression d'une cruauté verbale, mémorable par sa forme, un trait de verve insolent, anticonformiste ou politiquement incorrect, une « fusée », une formule satirique, etc. À l'enseigne du choc, puissance baudelairienne, l’ouvroir des pensées potentielles fonctionne alors à plein régime. Provocations cynique, évangélique, rappeuse ou zen, maximes intempestives, punchlines, produits de l’art du paradoxe ou du koan..., le spectre est large. Et pourtant deux traits récurrents nous frappent. D’une part, l’éclat poétique et l’énergie intellectuelle de ces énoncés tiennent à la façon dont ils bousculent la rationalité ordinaire, la pensée consensuelle, dont ils attaquent soit la logique ou le bon sens soit la civilité ou la morale, soit les deux à la fois. D’autre part, ces énoncés subtils ou agressifs qui interrogent et à coup sûr relativisent l’aspiration ou la prétention au sérieux dans la pensée, ont à l’évidence un caractère poétique. Bien qu’ils n’aient pas été toujours produits au sein de l’institution littéraire, ils apparaissent comme des manifestations particulièrement exemplaires de la créativité langagière, ou encore de la poéticité, voire de la littérarité. C’est pourquoi les littéraires en général et les stylisticiens en particulier peuvent les considérer comme d’excellents candidats pour illustrer ce que l’art littéraire ou la fonction poétique « font » à la pensée, et ce que la pensée fait à la forme.

« Réseau des Ondes du monde »

Le programme les Ondes du monde répond à la nature polysémiotique de la chanson  étudiée par des disciplines différentes : en tout premier lieu les études littéraires (françaises et étrangères) pour le contenu textuel, et la musicologie pour l’esthétique musicale ; mais la chansonsuscite également l’intérêt de la sociologie (étude de la réception, du succès, de la chanson comme révélateur social), l’histoire (étude des mentalités, étude de la chanson comme déclencheur politique), l’esthétique, les arts du spectacle, le cinéma, etc. Ce programme est né en 2014 d’une coopération entre Perle Abruggiati (resp. du projet, CAER), Joël July (CIELAM) et Jean-Marie Jacono (musicologie, LESA). S’en sont suivis le colloque « L’intime et le collectif dans la chanson des xxeet xxiesiècles » et trois journées d’étude, dont l’une était organisée par le CIELAM et le CIEREC dans le cadre de la convention avec Saint-Etienne (S. Chaudier). Un atelier UFR a permis la constitution d’un réseau international de chercheurs ; une collection sur la chanson a été créée aux PUP. Le programme a été labellisé « Projet CRISIS » en mai 2016 et bénéficie aujourd’hui d’une subvention A*Midex. Il recourt à la plateforme scientifique H2C2de la Maison de la recherche (« Hommes, Humanités, Corpus, Comportements »), adossée à la Fédération CRISIS. Le Réseau qui regroupe neuf universités partenaires implique un bulletin régulier d’information et l’organisation de biennales. La première (« Espaces de la chanson contemporaine ») s’est déroulée en septembre 2017, la seconde, en partenariat avec l’université de Lyon 2, est en cours d’élaboration.

Projet de recherche en création littéraire

La recherche menée au CIELAM sur la création littéraire appréhende la constitution d’un champ de recherches à travers un triple enjeu épistémologique, éditorial et numérique. Elle a donné lieu, à la suite d’un atelier UFR tenu en 2015, au projet Cré@litté (resp. Jean-Marc Quaranta). Celui-ci fait intervenir l’ensemble des universités françaises possédant des formations de création littéraire et est en cours de reconfiguration. L’ambition est de structurer un nouveau champ d’étude en intégrant aux méthodes classiques de la théorie et de la création littéraires les approches cognitivistes de la créativité et en prenant en compte les outils numériques de création et d’analyse.

Au-delà des textes canoniques, la recherche s’intéresse aux écritures mineures, aux correspondances, journaux intimes et pratiques privées d’écriture. Un partenariat a ainsi été noué avec le festival Les Carnets à La Roque d’Anthéron avec la journée d’étude « Carnet papier / Carnet numérique » tenue en juillet 2017 qui sera renouvelée en 2018 (programmation en cours).

Publications

Une collection CHANTS SONSa été créée aux PUP, trois volumes sont déjà publiés, quatre autres sont programmés fin 2018, début 2019 : Léo Ferré...vos papiers !Parodie en chanson, un ouvrage consacré au rap, les actes de la biennale 2017.

La revue Malice publiera cet été les communications de la journée d’études « Jeunes Chercheurs » organisée en février 2017 : « Territoires et frontières du style, quels (nouveaux) objets ? Quelles (nouvelles) manières ? »

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