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Image ou mirage du Nord ? Autour du Fou du roi de Suède de Pétrus Borel

Barbara Dimopoulou
Article dans les actes d'un colloque
L’image du Nord chez Stendhal et les romantiques, n°4, Humanistica Oerebroensia. Artes et linguae n°13
Directeur(s) de l'ouvrage: 
Kajsa Andersson
2007
p. 125-141

Le Fou du roi de Suède (1846) signé par Pétrus Borel, est une traduction-adaptation, jamais assumée comme telle, de la nouvelle intitulée « Transformation » (1830) de Mary Shelley. En mettant ces deux récits en miroir, nous voyons en quoi Borel fit de l’œuvre plagiée une œuvre personnelle, en agissant sur le détail du mot et en effectuant quelques ajouts, tout en ayant fidèlement suivi la trame narrative de l’original. Cette étude comparative met en évidence les écarts entre les deux textes. La modification très significative du titre, l’ajout de deux chapitres annexes – l’un liminaire, l’autre en appendice –, puis la transposition de l’histoire du passé à l’époque contemporaine et surtout la transposition de l’action de l’Italie en Suède, constituent les différences les plus importantes avec l’original. Les conséquences de ces modifications sont profondes notamment dans la construction du personnage du héros principal. Une approche thématique centrée sur les paysages nordiques et sur l’opposition symbolique entre la France et la Suède vient également éclairer notre analyse. Nous montrons comment au moyen de la réécriture, véritable exercice de style, le Nord de Borel devient le reflet inversé du Sud de Shelley et comment l’image démoniaque de la France devient le double négatif de la Suède idyllique.

Compte rendu dans la revue Romantisme, 2006, vol. 36, p. 138

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