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Voix et inspiration de l'aède romantique, ou quelques représentations d'Homère

Barbara Dimopoulou
Article dans les actes d'un colloque
Les voix du peuple dans la littérature des XIXe et XXe siècles
Directeur(s) de l'ouvrage: 
Corinne Grenouillet et Eléonore Reverzy
Editeur: 
Presses universitaires de Strasbourg
2006
p. 41-53
n° ISBN: 
978-2868202963

Selon l’héritage anglais, le barde, dont le prototype est Ossian, représente pour les romantiques l’artiste parfait. À l’invention d’Ossian correspond une réinvention d’Homère. Homère sera pendant tout le XIXe siècle le prototype de ce que nous appelons « l’aède romantique », la théorie formulée par G. Vico dans La Science nouvelle (1725) et, surtout, l’hypothèse de F.-A. Wolf exprimée dans Prolegomena ad Homerum (1795) aidant. Précurseurs, continuateurs et contempteurs de la non-individualité d’Homère propageront l’image d’un Homère représentant le génie populaire. La « question homérique » se fondra ainsi dans une série d’amalgames et de confusions. Le résultat en sera une métaphore de la « personnalité d’Homère » – selon le mot de Nietzsche – au service d’un idéal esthétique prônant l’art sans art. C’est par ce principe que l’antiquité rejoindra la tradition populaire. Nodier et Mérimée, entre autres romantiques, le défendront aussi bien dans leurs écrits théoriques que dans leurs œuvres littéraires peuplées de figures d’artistes issus du peuple et dont les principales caractéristiques, parmi lesquelles la voix, méritent d’être présentées.

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