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Collectivité et individu dans la réécriture de Judith

La légende de Judith fait partie des épisodes de l’Ancien Testament les plus souvent portés à la scène. Lorsque Jean Giraudoux s’attelle à sa réécriture du livre biblique en 1931, il n’ignore pas que, neuf ans auparavant, Henry Bernstein a transposé à la scène la même histoire. La comparaison de ces pièces écrites durant l’entre-deux guerres nous permet de mettre en lumière la singularité de l’auteur d’Amphitryon 38. La réduction qu’opèrent les deux dramaturges sur les paramètres de l’œuvre source est révélatrice de la lecture qu’ils en font.

Participation au Dictionnaire Beckett

11 entrées consacrés à des personnages romanesques ou théâtraux de Beckett :
Célia (p. 212-213).
Clov (p. 238-239).
Estragon (p. 423-424).
Hamm (p. 483-484).
Krapp (p. 558-560).
Murphy (p. 693-694).
Nagg (p. 704-705).
Nell (p. 714-715).
Pim (p. 798-799).
Pozzo (p. 828-829).
Vladimir (p. 1131-1132).

Relations et valeurs : l'insaisissable personnage koltésien

Les relations qu’entretiennent les personnages de Koltès, des sentiments qui les animent aux rapports de domination qui les opposent, ne cessent de fluctuer. Cette instabilité des affects et de l’ascendant qu’ils exercent les uns sur les autres les rend à la fois incohérents, marionnettes agitées de soubresauts inquiétants et dérisoires, et mystérieux, complexes comme des êtres à part entière. On est alors en droit de se demander s’ils obéissent véritablement à un système de valeurs, fût-ce un système à rebours de celui qui fonde les règles de la société et de la morale.

Koltès, une poétique des contraires

L’œuvre de Bernard-Marie Koltès fascine par l’extrême mobilité des données qu’elle déploie. Les indices historiques et géographiques de l’intrigue – le lieu, la durée et la chronologie de l’action – ne se laissent pas appréhender aisément, au point de jeter le doute sur la réalité des faits. Ce processus n’épargne pas le personnage : sa corporéité, les relations qu’il entretient avec autrui et les valeurs qui sont les siennes empêchent que nous arrêtions tout jugement à son sujet.

Florence Bernard

L’(e dés)amour-propre dans une écriture en trompe-l’œil : Les Bonnes et Splendid’s de Jean Genet

Résumé : Avec la diabolisation actuelle de tout amour qui ne va pas dans le sens d’autrui, l’amour-propre semble confronté à l’effacement de sa signification initiale. Effacement ou renversement : l’analyse du processus de la création littéraire aidée par la psychanalyse démontre qu’il n’y a ni amour ni haine, mais « hainamoration » de soi. C’est à elle que le monde devrait les créateurs, ces éternels (dés)amoureux-propres dont le génie est nourri par la Blessure. Se nommant Trahison, celle de Jean Genet s’infiltre dans son écriture en trompe-l’œil où le réprouvé et l’innocent seraient deux masques de la personnalité du créateur hanté par autrui. Plus qu’ils n’apportent une résolution au dilemme genetien d’être faux ou de paraître vrai, les vingt ans qui séparent Splendid’s et Les Bonnes mettent en évidence l’impossibilité du Moi de l’auteur aliéné par l’Autre de naître à une existence autonome.

With today’s demonization of any love wich has not got others as an object, love vowed to oneself (amour-propre), often mistaken for pride, is confronted with an erasing of his initial signifying. Erasing or inversion : a psychoanalytical approach of a litterary creation process proves that there is neither love no hatred, but « hatenamoration » (« hainamoration ») of oneself. The world is indebted to it for his creators who are perpetually out of love with themselves, and whose genius is inspired by the Wound. Called Treason, Jean Genet’s wound gets into his trompe-l’œil writing where the reprobate and the innocent person seem to be two masks of the creator’ Self continually haunted by Other. More than they solve the Genet’s dilemma of being false or seem true, the twenty years that are between Splendid’s and Les Bonnes reveal the authors mpossibility to born to his own existence.

Le piège de l’amour-propre dans Le Diable et le bon dieu de Sartre

Résumé : Condamné à vivre un destin déjà créé, enchaîné au Mal par le regard des autres, Gœtz, le héros du Diable et le bon dieu, assume fièrement son exclusion, qu’il revendique comme le résultat de sa liberté. Le personnage sartrien veut se créer lui-même et cette singularité, conquise contre tous, constitue l’objet de son amour-propre. Pour justifier sa différence et flatter sa vanité, Gœtz se mesure à Dieu. Monstre ou saint, il cherche à établir avec le Tout-Puissant un rapport privilégié qui l’isole des hommes. Dans le regard infini de Dieu, Gœtz croit devenir lui-même un être infini, une exception au-dessus de ses semblables. Séduit par cette image qu’il croit être pour les autres – l’homme maudit ou élu de Dieu – Gœtz est pris au piège de son amour-propre : fier de sa solitude inhumaine qu’il croit avoir choisie librement, il est en réalité aliéné par le regard d’autrui et ne peut se vouloir que tel que les autres le voient.

Gœtz, the hero of The Devil and the Good Lord, is doomed to live a pre-established destiny and is chained to the Evil by the look of the others. He proudly accepts his exclusion, which he proclaims as the result of his freedom. Sartre’s character wants to create himself and his singularity, conquered against everyone else, is the reason of his self-esteem. In order to justify his difference and flatter his vanity, Gœtz measures himself against God. Monster or saint, he seeks to establish a special relationship with the Almighty and isolates himself from the humankind. In God’s infinite eye, Gœtz believes he is becoming an infinite being himself, an exception above his fellow humans. Seduced by the image he thinks he represents for the others – the image of the man chosen or cursed by God – Gœtz is trapped in his own self-esteem. He is proud of the inhuman solitude he thinks he has freely chosen. In reality, he is alienated by the look of the other, and cannot want himself any different from what the others see him.

Pierre Jean Jouve et l’amour-propre : entre emprise et libération (1925 - 1935)

Résumé : Grand admirateur de saint Augustin, Pierre Jean Jouve s’est réclamé à plusieurs reprises des théories de l’évêque d’Hippone. La conception de l’amor sui, notamment, et son opposition à l’amor dei, se retrouvent sous la plume jouvienne, plus spécifiquement dans le cycle romanesque allant de Paulina 1880 à La Scène capitale. Ainsi, le dualisme entre les deux sentiments s’érige en ressort narratif et retient toute l’attention du lecteur. Dans une optique similaire, l’amor sui est un attribut indispensable à la construction des personnages. Sous ces derniers se dessine progressivement une projection de l’auteur : Pierre Jean Jouve élève ses protagonistes au rang d’« ego expérimental » et espère, à travers eux, trouver la voie menant à Dieu. Après s’être heurté, à son tour, à l’écueil de l’amor sui, l’écrivain atteint son objectif et peut enfin se tourner pleinement vers les sphères sacrées.

A great admirer of Saint Augustine, Pierre Jean Jouve has claimed several times he adhered to the Bishop of Hippone’s theories. Among others the notion of amor sui and his opposition to the amor dei are common features of Pierre Jean Jouve’s writing., in particular in his novel cycle from Paulina 1880 to La Scène capitale. This dualism between both feelings sets itself as a narrative feature end holds the reader’s attention. In a similar perspective the notion of amor sui is an essential attribute to the construction of his characters. With them one can progressively see the author’s projection of his own feelings : Pierre Jean Jouve brings his protagonistes to the rank of “experimental ego” and hopes to find through them the way leading to God. After coming up against the pitfall of the amor sui the writer reaches his goal and can finally turn fully to sacred spheres.

L’amour-propre dans La Duchesse de Langeais

Résumé  : L’« amour-propre », défini par Balzac comme le « haut respect » que la noblesse se doit, est bien au cœur du sujet de La duchesse de Langeais. En effet, sous la Restauration, les aristocrates ne sont plus capables d’assumer leurs charges sociales et leur amour-propre s’est dégradé en une sorte d’« égoïsme » ou de « vanité ». L’estime que la duchesse de Langeais s’accorde explique l’obstacle que rencontre le général de Montriveau auprès d’elle. Leurs relations amoureuses ressemblent ainsi à un rapport de force. A ces problèmes sociaux et politiques, s’ajoute aussi des problèmes psychologiques : aimer, implique une certaine infériorité, alors qu’être aimé, c’est être supérieur. De ce fait, La duchesse de Langeais est un roman très complexe où la notion d’amour-propre explique les péripéties et les évolutions des personnages.

The “self-esteem”, defined by Balzac as a “priority” that the noble should respect, is the principal subject of “The Duchess of Langeais”. In fact, due to the Restoration, the noble are no longer able to carry out their responsibility and their self-esteem degenerate into kind of “selfishness” or “vanity”. The self-pride of “The Duchess of Langeais” could explain how difficult it is for the general Montriveau to get along with her. Their romantic relationship is similar to a balance of power. In addition to the social and political problems, there are also some psychological problems: love, implies certain inferiority, so that being loved is to be the superior. As a result, The Duchess of Langeais is a complicated novel in which the notion of self-esteem explains the peripatetic and developments of the characters.

L’amour de soi dans L’Ecole des Indifférents : « les fêtes galantes » de Giraudoux

Résumé : L’Ecole des indifférents de Giraudoux (1911) est un recueil de trois brefs récits d’apprentissage, où chaque personnage est à la fois en quête d’amour et d’affirmation artistique, quête rendue complexe par un amour de soi trop présent, par un trop fort narcissisme. L’étude s’attache à montrer comment le « dynamisme narcissique » conditionne la dynamique romanesque de cette œuvre particulière, dans un double mouvement de refus et de nostalgie d’une forme primitive, archaïque ou « naturelle » d’amour de soi.

Giraudoux’s L’Ecole des indifférents (1911) is a collection of three learning short stories, in which every character is at the same time looking for love and artistic realization. This quest is difficult for them, due to a too strong narcissism. The following analysis will emphasize how the narcissism is linked to the structure of this work, in a double movement of both denial of and nostalgia for a primitive, archaic or natural self-esteem.

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