Auteurs & Autrices :
  • Dragon Geneviève
Mots-clés :
  • New Weird
  • Dark pastoral
  • Écocritique
  • Liminalité
  • Forêt
  • Bande dessinée
  • Black Hole
  • Charles Burns

Résumé :

Cette communication propose une lecture écocritique de Black Hole de Charles Burns, centrée sur la forêt où se réfugient les adolescents atteints d’une maladie qui métamorphose leurs corps. Loin de constituer un simple décor, cet espace devient le centre de gravité narratif et graphique du roman, tout en déjouant la promesse de régénération attachée à la wilderness américaine et à l’imaginaire écologique du Pacific Northwest. À partir de l’anthropologie des rites de passage, l’analyse définit la forêt comme un espace de « liminalité stérile » : la séparation et la marginalisation des adolescents n’aboutissent à aucune agrégation susceptible de stabiliser leur identité. La contiguïté entre forêt et banlieue abolit la possibilité d’un dehors protecteur, tandis que les mutations corporelles, les déchets et les formes végétales participent d’un même brouillage des frontières entre humain et non-humain, naturel et artificiel, propre et souillé. Les notions de maillage écologique, d’hyperobjet et d’hyperabject permettent d’articuler cette intrication matérielle à la production sociale du rejet. L’étude des ressources propres à la bande dessinée — masses noires, cadrages, regards incertains et transitions entre les cases — montre comment Burns donne une forme sensible à cette écologie sombre. En rapprochant l’œuvre du dark pastoral et de l’esthétique du New Weird, la communication met au jour une forêt qui absorbe sans régénérer, où l’expérience du seuil demeure privée de son horizon de transformation.

Type de document : Conference papers