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Le groupe 16-18 du CIELAM travaille sur les représentations, imaginations et savoirs du XVIe au XVIIIe siècle, en associant l’histoire des idées, l’anthropologie historique, l’histoire littéraire, l’analyse textuelle, l’analyse des images et des théories philosophiques et rhétoriques de l’imagination, mais aussi les phénomènes de résistance à l’ordre rhétorique du discours et son débordement, pour comprendre les dispositifs de la création littéraire de la Renaissance aux Lumières. Sa responsable est Sylvie Requemora.

Humanités numériques

Le groupe 16-18 porte trois sites de recherches :

Le site Coran 12-21

en préparation depuis 2017, a été lancé en septembre 2019. Codirigé par Tristan Vigliano et par Mouhamadoul Khaly Wélé, doctorant, il offre des traductions européennes du Coran à travers l'histoire, depuis le 12e jusqu'au 21e siècle. Ces traductions, actuellement au nombre de six, sont parallélisées, ce qui veut dire qu'elles sont présentées en regard les unes des autres et qu'en cliquant sur un verset, l'internaute peut accéder au passage équivalent dans les colonnes voisines.
En 2020, Coran 12-21 a donné naissance à un site-frère, Quran 12-21, où l'ensemble des ressources est accessible en anglais (onglet EN). Grâce à  un moteur de recherche et à une collaboration avec l'équipe TXM, l'internaute peut également procéder à une recherche plus poussée. Une vue par éditions permet encore de consulter les textes intégraux et de les comparer avec le fac-similé des éditions originales.
En 2020 ont été présentés trois nouveaux textes :
- la traduction italienne de Giovanni Castrodardo, telle qu'éditée par Andrea Arrivabene en 1547 : c'est la première traduction européenne du Coran en langue vulgaire. Elle est éditée, introduite et annotée par Maurizio Busca, post-doctorant à l'Università degli Studi del Piemonte Orientale.
- la traduction anglaise de George Sale, dont la parution en 1734 a fait date dans la perception de l'islam par les Lumières anglaises et françaises. Le texte, avec ses quatre mille sept cent soixante-douze notes, est édité et introduit par Mouhamadoul Khaly Wélé.
- le Tafsîr al-Ğalālayn, commentaire du Coran composé vers 1465-1466 et utilisé par André Du Ryer, Ludovico Marracci et George Sale. Il est présenté et introduit par Mouhamadoul Khaly Wélé.

Le site du Centre de Recherche sur la Littérature des Voyages (CRLV)

a été fondé en 1984 par François Moureau, professeur de littérature française du XVIIIe siècle à La Sorbonne et directeur des Presses de l'Université Paris-Sorbonne (PUPS), puis dirigé de 2012 jusqu'en 2020 par Philippe Antoine, professeur de littérature française à l'université Clermont Auvergne. Depuis novembre 2020, il a migré sous la direction de Sylvie Requemora.
Fondamentalement pluridisciplinaire comme son objet scientifique l'y invite, le CRLV regroupe des spécialistes de diverses littératures, des historiens, des historiens de l'art, des géographes et des ethnologues. Le CRLV étudie la littérature des voyages dans ses divers aspects : documentaire, esthétique et idéologique. Le domaine est donc balisé du simple « carnet de voyage » aux « voyages littéraires », en synchronie comme en diachronie. Il s'agit de la formation la plus « universelle » existant dans le monde sur le sujet.
Divers chercheurs étrangers ont fait ou font des stages au CRLV. Des liens de coopération internationale ont été tissés au cours des ans avec le CIRVI italien de Turin (Centre Interuniversitaire de Recherche sur le Voyage en Italie), le plus ancien des laboratoires spécialisés, avec le Centre de Recherches néo-helléniques d'Athènes et avec diverses institutions françaises et étrangères dont l’Institut de Recherche sur les Civilisations de l’Occident moderne (IRCOM) de la Sorbonne.
Dans le secteur de la production électronique, le CRLV gère le site web qui porte son nom où l’on trouve un Répertoire des chercheurs, une Lettre du voyageur semestrielle de littérature secondaire, une Base de données viatiques (bibliographie primaire) et une Encyclopédie sonore regroupant conférences de séminaires et communications de colloques. Les annonces sont accessibles à tous ceux qui souhaitent diffuser une information.
Astrolabe est la revue en ligne du Centre de Recherches sur les Littératures de Voyage (CRLV). Elle constitue l'un des éléments de la politique de publication du CRLV complémentaire de la revue électronique Viatica qui, de son côté, a pour objet l'exploration de nouveaux champs de la recherche dans le même domaine. Créée en 2005, Astrolabe accueillait des comptes rendus de lecture et des articles de chercheurs, en collectant des textes inédits avec la vocation de rendre compte de l'actualité de l'édition et des travaux consacrés au genre viatique. En 2020, Astrolabe devient un socle de publications en ligne pour étudiants (sélections de mémoires de masters, actes de Journées d'études de jeunes chercheurs, programmes d'agrégations liés aux voyages, etc.) et pour chercheurs (éditions critiques numériques, actes de colloques et de journées d'études mis rapidement en ligne, workshops, etc.).
Dans le domaine de l’édition traditionnelle, le CRLV a animé de 1986 à 1997 la collection : « Littérature des voyages », dont quinze volumes ont paru chez Champion-Slatkine (Paris-Genève), et, depuis 2000, il nourrit la collection : « Imago mundi » des Presses de l’Université de Paris-Sorbonne (PUPS).

Le site Utpictura18

se propose d'explorer l'articulation et la désarticulation de ces deux termes, pictura et poesis, à partir du corpus d'images réunies dans la base de données et d'une réflexion théorique sur les dispositifs de représentation, qui sont les modèles de représentation qui circulent du texte à l'image. La base de données iconographiques se développe régulièrement (1000 notices par an environ) : les images font l’objet d’une indexation classique (par artiste, période, localisation, nature de l'image), mais aussi par objet (les objets représentés, mais aussi les configurations types des regards, du public) et par dispositif (magistral, performatif, scénique…). L’indexation détaillée des sources textuelles permet enfin une utilisation systématique du matériau iconographique pour l’analyse littéraire. L’analyse des contenus et des dispositifs s’inspire des outils théoriques exposés notamment dans les rubriques et dans les livres liés au projet.
Quatre corpus d’images ont été privilégiés :

  • La peinture d’histoire se donne à lire à l’époque classique comme l’équivalent des textes antiques ou bibliques qu’elle illustre. Elle fournit par l’image l’équivalent d’un discours et s’ordonne autour d’un moment narratif, supposant contradictoirement une durée et l’absence de durée.
  • Les enluminures, les chapiteaux historiés, les mosaïques médiévales, opposent aux codes classiques de la représentation scénique d’autres codes et viennent rappeler à chaque fois que, pour un sujet donné, aucune représentation n’est naturelle.
  • La gravure d’illustration propose pour l’œil du lecteur le vis-à-vis d’une scène écrite et d’une scène gravée. Dans les romans, elle adapte à la fiction les motifs et les agencements de la grande peinture d’histoire, avec des effets parodiques que met en évidence la comparaison.
  • Les peintures, gravures et sculptures commentées par Diderot dans ses Salons nous permettent de mettre en regard l’image réelle et la performance textuelle que Diderot prétend lui substituer. C’est ici le texte qui fait tableau, par un mouvement inverse de celui de textualisation de la peinture initié par la peinture d’histoire.

Edition

  • Classiques Garnier : Pierre Ronzeaud et Sylvie Requemora codirigent la collection « Voyages réels et imaginaires »
  • Revue Littératures classiques : Pierre Ronzeaud est le président de la Société de Littératures Classiques, Sylvie Requemora en est la secrétaire générale et administre le carnet Hypothèses de la Société.

Publications

Le travail de recherche de 16-18, portant sur les auteurs de langue française du XVIe au XVIIIe siècles, se traduit notamment par des éditions critiques :

  • Le Réveil-Matin des François et de leurs voisins (pensée politique, droit de révolte des sujets) ;
  • Les Aventures du Baron Faeneste d’Agrippa d’Aubigné ;
  • Les œuvres complètes de Guillaume Des Autels ;
  • Les œuvres complètes de Jean-François Regnard (Voyages et Théâtre français)
  • Les Pensées errantes ; avec quelques lettres d’un Indien (1758) de Bonne-Charlotte de Bénouville.

L'exposition Le Goût de Diderot organisée en 2013 au musée Fabre de Montpellier et à la fondation de l'Hermitage à Lausanne, reconnue d'intérêt national par le Ministère français de la Culture, a donné lieu à un catalogue et à un film.

Manifestations scientifiques

Le groupe 16-18, successeur du CRAIRAC, organise nombre de journées d’étude et colloques :

Projets et programme de recherche

  • Projet PALIPACA sur le Patrimoine littéraire en région PACA, dont 16-18 a été porteur dans le cadre de l’axe transversal Patrimoine, pour l’étude du fonds aixois des Mazarinades à la Méjanes, liant écriture pamphlétaire et humanités numériques et l’étude des fonds iconographiques régionaux dans le cadre de la base de données Utpictura18. Le projet, retenu par l’université et par la Région, a été suspendu faute de cofinancement (la Région ne finançant qu’à 50% ce type de projet). Un contrat doctoral sur les Mazarinades a toutefois été financé par la Région.
  • Projet AESTHEPOL sur Esthétique et Politique à l’époque des Lumières, avec l’université Viadrina de Francfort sur Oder, projet ANR/DFG déposé en mars 2015.
  • Projet international sur les fondements littéraires de l’interculturel, en partenariat avec le CRLV (Centre de Recherches sur la Littérature des Voyages) et le CIEF (Centre International des Etudes Francophones, Paris-Sorbonne), projet ANR/FNS déposé en 2016 et 2017 (voir une présentation détaillée sur la page de l'axe Mobilités Interzone).
  • Projet Encyclopédismes, en partenariat avec le CUER MA (groupe des médiévistes du CIELAM) et l’université de Rennes, comportant l’organisation d’une exposition avec les bibliothèques Méjanes (Aix), Inguimbertine (Carpentras) et de l’Alcazar (Marseille).
  • « Géographies imaginaires : le voyage-prétexte comme machine à penser » est un programme de recherche transversal bénéficiant du soutien de la Maison Méditerranéenne des Sciences de l'Homme, porté par Sylvie Requemora (CIELAM) et Christine Gadrat (LA3M). Il réunit des partenaires du CIELAM, du CAER, du LERMA, de l'IrASIA,du LA3M et de l'IREMAM, en collaboration avec la Bibliothèque Méjanes, l'EPHE, AMERIBER, le CRLV, la SELVA et le CIRVI (voir une présentation détaillée sur la page de l'axe Mobilités Interzone).

Séminaires et Summer schools

  • Critique du régime esthétique : 18e-21e (avec Transpositions et 19-21)
  • Expériences de la beauté du 16e au 18e siècle (avec le CEPERC)
  • Penser les crises par les voyages imaginaires (Séminaire CRISIS en partenariat avec IRASIA, CAER, LERMA), en septembre-décembre 2021.

Le groupe 16-18 s’investit également dans la formation des étudiants de master et de doctorat, pour lesquels il est à l’initiative de la création d’écoles d’été spécifiques :

  • Ecole de Fès (Maroc) : « Penser les Orients du voyage », 20-24 septembre 2021, en partenariat avec l’ED 354, l’ED 355, CAER, IRASIA, LERMA, LA3M, IREMAM, ALLSH RI.
  • Ecole d’Athènes (Grèce, CIVIS Summer school), « Mobilities, Travels and Cultures », 20-24 juin 2022, en collaboration avec les Universités d’Athènes, de Madrid, de Stockholm, Bucarest, Bruxelles.