- Benedikt Livchits
- David Bourliouk
- Vladimir Bourliouk
- Natalia Gontcharova
- Iliazd
- Wassily Kandinsky
- Kasimir Malevitch
- Marina Tsvetaïeva
- Avant-garde
- Biographie et autobiographie de peintre
- Manifestes
- Matérialité du livre
- Primitivisme
- Peinture d’icônes
Résumé :
Cet article examine des récits portant sur la vie de quelques peintres majeurs du primitivisme russe dans sa phase la plus frénétique en 1913 : Natalia Gontcharova, les frères David et Vladimir Bourliouk, Malevitch et Kandinsky. Il s’agit d’observer comment des textes biographiques tentent de donner corps à la fiction du primitif et comment la personne des peintres en décline les différents modes : le paysan, l’homme préhistorique, le fou, l’enfant, le sauvage, le barbare et le moine. Le primitif ne permet pas seulement ici de désigner les œuvres servant de points de départ à ces artistes, mais il constitue bel et bien une catégorie existentielle. Différents auteurs tentent ainsi de montrer que ces peintres vivent le primitif, du moins par intermittence. Les textes étudiés ici sont tantôt signés par des poètes qui ont été des acteurs directs du primitivisme (Iliazd, Benedikt Livchits), tantôt par des auteurs entretenant une relation plus extérieure à cette tendance (Marina Tsvetaïeva), tantôt ils sont l’œuvre des peintres eux-mêmes (Kandinsky, Malevitch). C’est donc là l’occasion de mettre en évidence encore une particularité du primitivisme russe. Ces peintres ont raconté eux-mêmes leur propre histoire, contrairement à ceux vivant en France.