- Sculpture and literature
- Sculptors' genders
- Minority sculptors
- Harriet Hosmer
- Edmonia Lewis
- Moses Ezekiel
- Augusta Savage
- Meta Vaux Warrick Fuller
- Aleksandra Mir
- Lisa Anne Auerbach
- Genre des sculpteurs
- Sculpture et littérature
- Augusta Savage
- Sculpteurs issus des minorités
- Harriet Hosmer
- Edmonia Lewis
- Moses Ezekiel
- Lisa Anne Auerbach
- Aleksandra Mir
- Meta Vaux Warrick Fuller
Résumé :
Notre réflexion part d’un constat : c’est le peintre qui est considéré comme l’artiste par excellence. Le sculpteur, quant à lui, est placé en position seconde, et l’art qu’il pratique, la sculpture, constitue un art moindre. Pour interroger les identités du sculpteur – identités passablement contradictoires – nous examinons un large ensemble de représentations, produites du XIXe siècle à nos jours, c’est-à-dire jusqu’au moment où la sculpture entre « en son champ élargi » (Rosalind Krauss) et où elle cesse d’être cantonnée aux techniques de modelage et de taille. Il s’agira donc d’observer comment les sculpteurs – réels ou inventés – sont montrés par autrui (des écrivains – romanciers et poètes, créateurs de romans graphiques – des cinéastes, des chorégraphes…) et par eux-mêmes, notamment sous la forme de portraits sculptés ou photographiés et de performances. Ces mises en scène de soi sont avant tout des tentatives pour définir et réinventer la sculpture. Peut-on en déduire aussi quelque chose des identités des sculpteurs ? Nous examinons d’abord les rôles, souvent inférieurs, dévolus aux sculpteurs dans la fiction, laquelle a longtemps porté un héritage du paragone. Nous observons ensuite comment l’infériorisation de la sculpture a permis à partir du XIXe siècle l’émergence d’artistes issus de franges minorisées de la population américaine et européenne : Juifs, Noirs, et surtout femmes. Il ne s’agira pas de reconstituer leurs parcours, mais de tenter d’examiner en quoi leurs identités peuvent entrer en intersection avec celles attribuées au sculpteur. Ceci nous amènera enfin à remarquer que peu à peu le sculpteur s’est transformé en plasticien – ou plus exactement en plasticienne – pratiquant un art de la fluidité.