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Auteurs & Autrices :
  • Gheerardyn Claire
Mots-clés :
  • Sculpture and literature
  • Monuments
  • 20th and 21st century poetry USSR Russia Europe Chile
  • Poésie du XXe et du XXIe siècles URSS Russie Europe Chili
  • Monuments
  • Sculpture et littérature

Résumé :

Cet article examine comment la poésie s’empare du monument, c’est-à-dire d’un objet dont la fonction est de rendre visibles et tangibles dans l’espace public les valeurs sur lesquelles se fondent une communauté. J’examine un cas particulier : celui des sculptures publiques à la gloire de Pouchkine érigées en Russie et en URSS. Je m’intéresse tout particulièrement aux différents projets du XIXe siècle menant à l’inauguration de l’œuvre d’Opékouchine à Moscou en 1880. J’examine le monument de Robert Bach pour Tsarkoïe Selo (1900) ayant inspiré le constructiviste letton Gustavs Klucis et j’observe des monuments contemporains : les sculptures d’Alexandre Bourganov pour Moscou et son grand aéroport renommé « Pouchkine » (1999 et 2019), et un bronze de Zourab Tsereteli pour Apatity (2017). Les monuments à Pouchkine peuvent ainsi se faire support de propagande soviétique, stalinienne ou nationaliste Chacun de ces Pouchkine déploie à travers le temps différents « cercles d’adresse » (selon une expression de l’historien de l’art Michael Baxandall), rassemblant tantôt les Russes dans leur ensemble, tantôt les citoyens de l’Union soviétique célébrant le jubilé de 1937 jusque dans les camps de travail forcé, tantôt les Émigrés et les dissidents politiques. De nombreux poètes (Maïakovski, Essenine, Marina Tsvetaieva, Voznessenski, Olga Sedakova, Neruda et Ismaïl Kadaré) font de ces monuments la matière de leurs propres textes. Pouchkine se fait alors l’interlocuteur des poètes et des lecteurs de poésie, et il finit par s’adresser au monde entier, ainsi que l’avait espéré Dostoïevski.

Type de document : Book section