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Auteurs & Autrices :
  • July Joël
Mots-clés :
  • Énonciation
  • Dramaturgie
  • Barbara 1930-1997
  • Charles Aznavour
  • Stylistique de la chanson
  • Chanson contemporaine francophone
  • Chanson -- France

Résumé :

Il s'agit de décrire comme un phénomène remarquable et marginal les chansons qui se mettent en opposition avec l’idée d’une narration (d’une diégèse prise en charge par le canteur) en proposant, à l’intersection avec le genre dramatique, une saynète en temps réel, qui imite une conversation entre le canteur et un interlocuteur identifié. Stylistiquement, il convient d'identifier les procédés qui créent cette illusion et font que certaines chansons plus que d’autres se démarqueraient de la tradition du discours fictif monologal plus ou moins adressé. Pourquoi y aurait-il une perception plus mimétique, comme "en direct" et surtout à quelles fins ? 1) plusieurs adresses ou une seule mais contractualisée avec l'auditeur comme en présence. Et notamment par l'échange dialogal : le discours du canteur est interrompu et il fait une reprise des paroles (ou prise en compte des actions) de son destinataire ; 2) du registre familier (ou des formules d’interactions langagières) ; 3) des didascalies internes (ou déictiques : les indices spatio-temporels référant à la situation d’énonciation). Il s’agit aussi d’établir une polarité : d’un côté par exemple les chansons du manque, du deuil et de l’absence qui sont assurément des discours fantasmés et de l’autre les chansons aux énonciations théâtralisées qui donnent ludiquement ou dramatiquement tous les gages de la conversation directe et adressée. Entre ces deux extrêmes, un flou s’opère : la fiabilité de la parole est soumise à la bonne volonté du récepteur, l’auditeur, plus ou moins sensible aux indices textuels précités.

Type de document : Book section