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Auteurs & Autrices :
  • Dragon Geneviève
Mots-clés :
  • Frontière
  • Témoignage
  • Trace
  • Polyphonie

Résumé :

Valeria Luiselli est l'une des grandes voix de la littérature mexicaine contemporaine, aux côtés d'écrivains comme Fernanda Melchor, Dahlia de Cerda ou Yuri Herrera. Son oeuvre explore avec intensité les tragédies humaines provoquées par les crises migratoires, en particulier celles qui affectent les enfants non accompagnés venus d'Amérique centrale, aux frontières du territoire américain. Plus qu'une écriture de dénonciation -même si la colère et la révolte irriguent profondément ces textes -Luiselli propose une réflexion sur les formes mêmes du témoignage, sur la légitimité à prendre la parole, et sur ce que la littérature peut -ou ne peut pas -faire face à la disparition. Les deux oeuvres que j'aborderai forment en quelque sorte un diptyque, deux gestes d'écriture qui se répondent, s'infléchissent, se prolongent. Le premier, Raconte-moi la fin (Tell Me How It Ends, 2017), est un essai autobiographique, rédigé à partir de son expérience d'interprète judiciaire à New York auprès d'enfants migrants. Texte bref, incisif, à la fois intime et politique, il interroge frontalement ce que signifie écouter, traduire, raconter l'histoire d'un autre, dans un contexte administratif où chaque mot peut décider d'une vie.

Le second, Archives des enfants perdus (Lost Children Archive, 2020), est un roman polyphonique, hybride, tissé d'autobiographie, de photographies, de sons, de récits fragmentés. À travers un road trip familial, l'autrice y déploie une littérature de la recomposition, où les voix absentes et les silences deviennent matière narrative.

Type de document : Conference papers