Aller au contenu principal
Auteurs & Autrices :
  • Dragon Geneviève
Mots-clés :
  • Mémoire
  • Témoignage
  • Archive
  • Récit
  • Frontière États-Unis–Mexique
  • Migration

Résumé :

Ce chapitre analyse les formes contemporaines de mise à l’écart et d’invisibilisation des migrants morts à la frontière entre le Mexique et les États-Unis, en interrogeant les conditions politiques, symboliques et narratives de leur disparition. À partir du constat d’une accumulation de corps anonymes, souvent non identifiés et privés de sépulture, il montre comment les politiques migratoires de « prévention par la dissuasion » transforment le désert en instrument actif d’exclusion, produisant une violence à la fois physique, administrative et mémorielle. L’étude croise les apports de l’anthropologie, des sciences sociales et des pratiques artistiques pour examiner les tentatives contemporaines de reconstruction de ces vies effacées à partir de traces fragmentaires : restes humains, objets abandonnés, indices matériels. En mobilisant les travaux d’anthropologues comme Jason De León et l’engagement d’artistes et de collectifs à la frontière, le chapitre propose une réflexion sur le passage de l’indice à l’index : des signes de l’absence vers des formes de désignation capables de redonner identité, récit et dignité aux morts de la migration. Le récit apparaît ainsi comme un geste politique et éthique majeur : non pas restituer une totalité impossible, mais rendre ces vies à la cité en leur accordant une place symbolique, contre l’oubli et la relégation.

Type de document : Book section