Résumé :
Cette communication propose une performance autothéorique sur l’enfance comme terrain d’expérimentation politique. À partir d’un dispositif de type protocolaire, l’auteur revient sur son enfance vécue dans une communauté libertaire des années 1970, conçue comme un laboratoire éducatif et social visant à rompre avec les normes familiales et capitalistes dominantes. En s’appuyant sur l’héritage de la psychothérapie institutionnelle, de l’antipsychiatrie et sur les travaux de Félix Guattari, Deleuze et Guattari, le propos interroge la portée des expérimentations de vie : moins des idées performatives que des modes d’existence capables de transformer les sensibilités et les imaginaires. Le “cobaye” adulte, replacé dans le milieu capitaliste, se trouve pris dans un dilemme entre fidélité à l’expérience libertaire et intégration sociale, entre glorification et trahison. La communication dialogue enfin avec l’œuvre de Fernand Deligny, notamment autour de l’enfance, de l’agir, des “lignes d’erre” et de l’infinitif, pour déplacer la question de l’engagement vers des formes de résistance silencieuses, inscrites dans les gestes et les milieux. L’écriture y est pensée comme un geste ambivalent, à la fois critique et testamentaire, qui transmet l’idée d’une politique incarnée dans les expériences de vie.