Résumé :
Dans sa correspondance intime, Sophie Cottin (1770-1807), célèbre romancière de l'entre-deux siècles, ne cesse d'exprimer ses doutes sur la religion chrétienne et des dogmes qui l'éloignent du simple bonheur d'exister, tel que le présente Rousseau dans la 5e Promenade. En 1790, sa profession de foi se rapproche de celles de Julie dans La Nouvelle Héloïse et du Vicaire savoyard. Se référant à l’existence d'un « instinct divin », d'une sort de voix du coeur, initiale, naturelle et non corrompue, Sophie Cottin croit en une religion naturelle sans dogme du péché originel, ni grâce divine pour sauver les âmes en perdition. Bouleversée par le décès de son mari (1793) et dévastée de chagrin après le suicide de son cousin et amant Jacques Lafargue (1796), elle trouve un sens aux drames de sa vie dans la théorie des compensations que dispense de philosophe pyrénéen Hyacinthe Azaïs, une vision aux allures scientifiques, où Dieu est le garant d’une justice compensatoire, puisque « le sort de chacun se compose d’une somme égale d’avantages et de privations », que tout se règle sur terre et qu'il n’y a aucune promesse salutaire dans l’au-delà.