Aller au contenu principal
Auteurs & Autrices :
  • Marine Cellier

Résumé :

Les romans caribéens mettant en scène respectivement Mademoiselle Floridor (El reino de este mundo, d’Alejo Carpentier, Cuba), Minette (La Danse sur le volcan de Marie Vieux-Chauvet, Haïti) et Angiolina Falconelli (Viento negro, bosque del caimán de Carlos Esteban Deive, République dominicaine), trois personnages d’actrices dont les destins sont bouleversés par la révolution haïtienne de 1791, révèlent également les rouages des institutions de la vie culturelle du monde dominguois. On s’intéresse plus spécifiquement ici à la manière dont le théâtre constitue non seulement une chambre d’écho de la politique impériale mais aussi un lieu de fabrication de l’idéologie coloniale. En montrant les diverses circulations des œuvres et des artistes qui les interprètent entre l’Europe et les Caraïbes, les romans révèlent la puissance des dynamiques de domination symbolique entre le centre métropolitain et la colonie reposant sur la hiérarchisation de leurs productions respectives. Enfin, la scène de théâtre apparaît comme un espace paradoxal, qui, dans le même temps qu’elle reproduit les inégalités structurelles de la société coloniale, se présente comme un lieu de disparition fantasmée des rapports de pouvoir.

Type de document : Book section