- Byron
- Romantisme
- Byronisme
- Mort de l’auteur
- Edgar Morin
- Bertrand Russel
Résumé :
Partant de la réflexion que la « mort de l'auteur » n'a pas grand sens dans le cas de Byron et du byronisme, cet article soutient que le nom de l'auteur peut être considéré comme un cas particulier de ce qu'Edgar Morin appelle le « néo-mythe », où « le concret vécu, s'infiltrant dans l'idée abstraite ou générale, la rend vivante ». À la différence de certains autres poètes romantiques, Byron ne rumine pas son ego, mais crée et améliore constamment un personnage littéraire biographique qu'il projette dans le monde comme une image de lui-même qu'il lègue à la postérité. Cette fusion de la vie dans la littérature n'est pas la construction d'un sujet transcendantal, mais bien plutôt une sublimation du moi, préfigurant le dogme de l'impersonnalité littéraire de T. S. Eliot. En fait, il existe au moins trois Byron : le romantique, le satiriste néo-augustéen, et le poète antiromantique. S'inscrivant en faux contre le portrait que Bertrand Russell a brossé du poète, cet article montre que Byron se caractérise par un effort constamment renouvelé pour inventer et réinventer son personnage littéraire, établissant un modèle libertaire d'ironie romantique qui lui survit encore aujourd'hui.
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