L’expression « chemins émotionnels » veut ouvrir une perspective à tracer avec nos moyens littéraires, à la fois dérisoires et substantiels, en désignant un réajustement au monde. Il s’agit de susciter et développer des émotions « psychoterratiques » positives, de manière à contrer les émotions négatives réduisant à l’impuissance. S’établirait ainsi une étroite corrélation entre la transformation des paysages mentaux et biophysiques. Or, si cette condition est sans doute nécessaire, elle n’est pas suffisante. On aborde cette problématique à travers deux récits de deuil, portés par des personnages féminins qui vont entrer en communication avec la personne chère décédée, De l'autre côté du regard (2003) de Ken Bugul et Les Veilleurs de Sangomar (2019) de Fatou Diome.