Aller au contenu principal
Auteurs / Autrices :
Michèle Gally
Directeur(s) / Directrice(s) de l'ouvrage :
Sylvie Patron
Nbre ou N° pages :
p. 269-284
Editeur :
Peter Lang, Berne
Année :
2011
Revue, Collection, Ouvrage collectif :
Théorie, analyse, interprétation des récits
Type de production :
Article dans les actes d'un colloque
n° ISBN :
978-3-0343-0055-1

Cet ouvrage constitue les actes du colloque international bilingue qui s'est tenu à l'Université Paris-Diderot-Paris 7 les 12 et 13 décembre 2008, dans le cadre du programme de recherche HERMÈS (Histoires et théories de l'interprétation). Il a réuni seize chercheurs allemands, belges, français, japonais, nord-américains et suisses invités à réfléchir et à discuter sur trois problèmes ou ensembles de problèmes :

1. Le problème des rapports entre la théorie, l'analyse et l'interprétation du récit. -- Quel rôle doit jouer la théorie dans l'analyse et l'interprétation des récits ? Quel peut être l'effet en retour de l'analyse et de l'interprétation sur la théorie du récit ? La prise en compte des plans de l'analyse et de l'interprétation permet-elle, par exemple, de trancher entre des théories concurrentes ? Ou encore : la théorie narrative doit-elle exclure certains types de "récit" moderne, pour reprendre une formulation de Nicolas Ruwet à propos de la poésie ?

2. Le problème des rapports entre l'analyse et la lecture "courante" des récits. -- Le but de l'analyse est-il de rendre compte de ce qui se passe dans la lecture "courante" des récits ? Les études menées sur des groupes de lecteurs empiriques conduisent-elles à modifier l'analyse, voire la théorie du récit ? Que penser, par exemple, de la valorisation de l'opposition entre récits fictionnels et récits non fictionnels dans la théorie narrative, et de la négation de cette opposition dans certains travaux de psychologie cognitive ?

3. Le problème de la portée historique et culturelle de la théorie du récit. -- Comment des spécialistes du Moyen Âge ou de l'âge classique, ou encore de littératures non occidentales, définissent-ils les limites de pertinence des hypothèses et des concepts de la théorie du récit pour l'analyse et l'interprétation de leurs propres corpus narratifs ?

Après une introduction substantielle, consacrée à l'histoire des relations entre la théorie, l'analyse et l'interprétation des récits littéraires de la fin des années 1960 (émergence de la narratologie comme discipline ou domaine de recherche) aux années 1990 et au-delà ("revisitation" de la narratologie, identification de la narratologie postclassique, nouvelle actualité donnée aux théories alternatives à la narratologie), l'ouvrage est organisé en trois parties, qui reprennent les titres des trois sessions du colloque.

La première partie s'ouvre sur deux articles de réflexion générale signés respectivement de Tom Kindt et Hans-Harald Müller et de Philippe Roussin. L'article de Kindt et Müller, qui prolonge leurs ouvrages et articles antérieurs, concerne le statut, la structure et la fonction de la narratologie, mis en question par l'avènement des narratologies dites contextualistes. Celui de Philippe Roussin, qui adopte une position très différente de celle des précédents à l'égard du contextualisme, replace l'évolution de la narratologie classique à la narratologie postclassique dans le cadre plus large de l'évolution des sciences humaines et sociales depuis les années 1960 (retour au premier plan des problématiques de l'herméneutique et de l'interprétation, "tournant narratif" en histoire, en sociologie, en psychologie, etc.). L'article de Brian Richardson, consacré aux récits de fiction "non naturels" ("unnatural") fait la transition entre les articles de réflexion générale et ceux qui sont basés sur des études de cas : celui de Henrik Skov Nielsen, "Theory and Interpretation, Narration and Communication, Authors and Narrators -- James Frey's A Millon Little Pieces As a Test Case" ; celui de James Phelan, "Progression, vitesse et jugement dans "Das Urteil" ou Ce que Kafka et une théorie rhétorique du récit peuvent faire l'un pour l'autre" (trad. Marie Ladame-Buschini et Sylvie Patron) ; celui de John Pier, "Narrative Embedding and the Multilinear Text : The Case of John Barth's Lost in the Funhouse" ; enfin, mon propre article, "La mort du narrateur et l'interprétation du roman : l'exemple de Pedro Páramo de Juan Rulfo".

La deuxième partie, consacrée à l'analyse et à la lecture "courante" des récits, est composée de trois articles. Le premier, signé de Raphaël Baroni, concerne la conception postclassique de l'intrigue et sa différence avec la conception classique, structuraliste, de la séquentialité narrative. Les deux suivants s'opposent sur la question de la distinction entre les récits fictionnels et les récits non fictionnels dans la théorie narrative, celui de Jérôme Pelletier apportant "un point de vue de philosophie cognitive" qui va dans le sens d'un désaveu de cette distinction, celui de Marc Hersant montrant au contraire la nécessité de cette distinction pour comprendre et interpréter une œuvre comme celle de Saint-Simon.

La troisième partie, consacrée à la portée historique et culturelle de la théorie du récit, contient quatre articles qu'il est possible de regrouper deux à deux : les premiers, signés respectivement de Michèle Gally et de Patricia Eichel-Lojkine, portant sur le roman médiéval français et sur le conte classique européen, les deux suivants, signés d'Akihiro Kubo et de Cécile Sakai, portant sur le domaine japonais, théorie narrative et création romanesque.